Fin septembre 2024, Atlantic a annoncé avoir investi 75 millions d’euros dans la création et l’extension de cinq centres de recherche et développement dédiés au génie climatique, principalement sur le segment de la pompe à chaleur (PAC). Quatre sites sont localisés en France, et un au Royaume-Uni. Ils sont accolés à des usines existantes du groupe spécialisé dans le chauffage, la ventilation et la climatisation (13000 personnes, 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires net).
«Le marché du génie climatique est en mutation vers la thermodynamie, donc il faut renforcer le développement de la pompe à chaleur. Nous sommes d’abord un industriel. Quand le marché était émergent, nous avions des partenariats ; comme le marché va se développer, nous prenons les choses en main», explique Baptiste Hermenier, le responsable marketing des produits collectifs sur boucles d’eau d’Atlantic. Les compresseurs, eux, resteront sous-traités.
De nouveaux fluides à intégrer
Sur les pompes à chaleur, les centres de R&D devront notamment plancher sur l’évolution des fluides utilisés dans les machines, conformément au règlement européen F-Gas. «Nous devons réduire le pouvoir de réchauffement planétaire de nos fluides, et intégrer de nouveaux équipements, certains des nouveaux fluides étant inflammables, comme le propane», illustre Vincent Loubéjac, le responsable marketing chargé des produits sur boucles d’air. Sur les PAC air/eau, le fluide R32 devra cesser d’être utilisé entre 2027 et 2030 selon les puissances des machines, tandis que sur les PAC air/air jusqu’à 12KW de puissance, l'exigence est fixée à fin 2032. Autre objectif assigné aux centres de R&D, un travail sur la compacité et sur l’acoustique des unités extérieures des produits.
Deux créations pures en France
Quatre des sites de R&D concernés par le plan d’investissement sont situés en France. Ouvert en septembre 2024, celui de Billy-Berclau (Pas-de-Calais), une création pure, comptera à terme 140 personnes. Il doit permettre à Atlantic d’augmenter sa capacité de développement de pompes à chaleur domestiques. Un bâtiment neuf, tout comme celui de Boz (Ain), consacré aux produits dédiés au marché collectif (pompes à chaleur, chaudières et ballons) pour l’Europe et le Royaume-Uni. Une seconde tranche du bâtiment ouvrira fin 2024, après l’ouverture d’une première tranche en avril 2023.

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Deux centres de R&D français ont pour leur part été rénovés et agrandis. A Meyzieu (Rhône), les produits de ventilation et de traitement de l’air (filtration, rafraîchissement et chauffage) en résidentiel et tertiaire, ainsi que les pompes à chaleur air/air pour la France seront traités dans un bâtiment opérationnel fin 2024 (5 personnes). A La Roche-sur-Yon (Vendée), un centre d’expertise en électronique (hardware, software, mécanique) et en connectivité (cloud et data) est en cours d’aménagement, avec 160 personnes escomptées en 2028 (120 collaborateurs actuellement).
Au Royaume-Uni, le centre technique de Hull, amené à être achevé par phases successives en 2024, 2025 et 2028, doit regrouper 120 personnes autour des performances environnementales des pompes à chaleur unités extérieures et intérieures.
Un marché en chute libre
La création de ces centres de recherche et développement intervient dans une période difficile pour les pompes à chaleur. D’après le syndicat professionnel Uniclima, sur le marché français, entre les mois de janvier et août 2024, par rapport à la même période en 2023, les ventes de PAC air/eau ont reculé de 46%. Celles de PAC air/air ont décroché de 15%. Une situation que les professionnels expliquent notamment par les modifications apportées en 2023 au dispositif d’aides gouvernementales MaPrimeRénov’.
«Les chiffres sont mauvais conjoncturellement, mais la tendance de fond, c’est la thermodynamie. Il n’y a pas de doute qu’il s’agit du marché de demain. Nous avons engagé des projets avec un futur site de production à Chalon-sur-Saône», observe Baptiste Hermenier. Autre enjeu, celui d’accompagner les installateurs d’équipements dans l’habitat collectif et dans les bâtiments tertiaires. «Pour nos clients, qui étaient des spécialistes de la chaudière gaz, la PAC reste un produit nouveau», ajoute Vincent Loubéjac.



