Les industriels du biogaz ne s’en vantent pas. Mais le biogaz produit par méthanisation contient, certes, principalement du méthane (50 à 60 %) mais aussi 40 à 45% de dioxyde de carbone (CO2). Après purification, ce CO2 est rejeté dans l’atmosphère. Il pourrait être capté et valorisé directement dans des serres, dans l’agroalimentaire pour la gazéification ou le refroidissement, ou en chimie. Las, pour l’instant, ces industries se fournissent plutôt chez des spécialistes des gaz industriels, comme Air liquide.
Valoriser le CO2 de biogaz
Dans une logique d’économie circulaire, ce CO2 pourrait être capté directement sur le site de méthanisation, pour nourrir des micro-algues, comme le proposent Suez et Fermentalg. Les deux entreprises créent une co-entreprise pour produire des bioproduits phytosanitaires à partir de biomasse d’algues nourries au CO2 de biogaz.
Ce CO2 de biogaz peut aussi servir à produire à nouveau du méthane, en l’associant avec de l’hydrogène. C'est la méthanation. Audi en a été le précurseur, avec une unité pilote à Werlte en Basse-Saxe, dans le nord de l’Allemagne. Installée sur un important site de méthanisation agricole et synchronisée avec un parc éolien, elle a été développée par Hitachi Zosen Inova Etogas. Le constructeur automobile y produit 2,85 millions de mètres cubes de gaz de synthèse par an, destiné à compenser les émissions d’une petite flotte de véhicule à gaz.
Les Chinois ont trouvé l’idée bonne. Hitachi Zosen va donc installer une unité similaire, de 3,5 millions de mètres cubes de méthane par an cette fois. Ce sera alors la plus importante unité de méthanation au monde.



