Annoncée en janvier 2021 après la signature d'un accord définissant "tout ce qu'elle sera", comme l'expliquait Philippe Lavielle, PDG de Fermentalg, à L'Usine Nouvelle, la coentreprise entre Suez et la biotech Fermentalg a été créée lundi 5 juillet. Et elle s'appelle CarbonWorks. Son premier pilote industriel de photo-bioréacteurs algaux capables de capter du CO2 par biomimétisme est en test dans les locaux de la PME experte en valorisation des microalgues, à Libourne (Gironde).
Décarboner la méthanisation agricole
Se présentant sous la forme d’une cuve d’un volume utile de 10 mètres cubes, il a vocation à valoriser par photosynthèse réalisée par des micro-algues du CO2 produit lors de la méthanisation agricole et non utilisé pour la production de biométhane. Injecté sous pression dans de l’eau, ce CO2 servira dans un premier temps à produire des solutions de biocontrôle pour la vigne. Bref, la solution permettra de produire une alternative biologique aux pesticides pétrochimiques à partir de déchets agricoles.
Selon les souches de micro-algues choisies, le procédé développé par Fermentalg et Suez pourra aussi produire une biomasse utilisable en nutrition ou en santé animale. Il est le fruit d’un partenariat technologique de cinq ans entre Suez et Fermentalg durant lequel les deux entreprises ont mis en place six démonstrateurs de puits de carbone pour valoriser par photo-bioréacteur algal du CO2 en environnement industriel et de purificateur d’air urbain. Ces derniers comprenaient, entre autres procédés innovants, un photobioréacteur algal destiné à diminuer les particules fines (PM10, PM2,5) et les oxydes d’azote (NOx) de la pollution atmosphérique.
Surfer sur la vague CCUS
En clair, les deux partenaires ont développé une technologie de séquestration biologique du CO2 par des algues transformables en bioproduits, qui leur permet de répondre aux nouveaux appels à projets régionaux, nationaux et européens de CCUS, le fameux captage, stockage et valorisation du CO2 indispensable pour décarboner des activités très émettrices de CO2. Il s'agit, entre autres, des industries du ciment, du traitement des déchets ou… De la méthanisation agricole.
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C’est d’ailleurs ce marché des centaines de nouveaux méthaniseurs agricoles, que visera en premier la coentreprise pour y produire industriellement, d’ici à 2022 ou 2023, une biomasse valorisable. Dans un second temps, l’entreprise, qui sera basée à Libourne et comptera une dizaine de personnes au départ, pourra aussi licencier sa technologie.
On n’en est pas encore là. Il faudra d’abord lever quelques millions d’euros, en ouvrant le capital, pour mettre en place l’activité et créer les chaînes de production des bioproduits.



