Soupir de soulagement pour Arianegroup, le CNES et l’ESA. Jeudi 23 novembre à 21h44 heure de Paris, la fusée Ariane 6, le principal espoir de l’Europe spatiale, a effectué son premier test de mise à feu de longue durée à Kourou (Guyane) avec succès. Le moteur Vulcain 2.1 du lanceur, poussé à pleine puissance, a fonctionné pendant presque 8 minutes, soit la durée de vol de l’étage principal de la fusée. «Ce nouvel essai à feu complet, réalisé dans le cadre des essais combinés, a permis de valider l’intégralité de la phase de vol de l’étage principal d’Ariane 6 en simulant une chronologie complète de lancement», a précisé Arianegroup dans un communiqué. Version améliorée du moteur d’Ariane 5, Vulcain 2.1 a brûlé près de 150 tonnes d’oxygène et d’hydrogène liquides pendant son fonctionnement.
Le 18 juillet dernier, un essai avait simulé une séquence de préparation du lanceur et de compte à rebours avec notamment le remplissage des réservoirs des étages avec de l'hydrogène et de l'oxygène liquides. Puis, le 5 septembre, a eu lieu le premier essai de mise à feu complet d’Ariane 6 avec un allumage du moteur pendant 4 secondes. Le premier essai à feu de longue durée devait initialement se dérouler le 3 octobre mais a dû être reporté au 23 novembre en raison d'une anomalie sur le circuit hydraulique du système qui contrôle l’angle de la poussée du moteur.
Encore quelques essais avant le vol inaugural en 2024
L’étage supérieur d’Ariane 6 a quant à lui été testé à feu sur son banc de test à Lampoldshausen (Allemagne) au mois de septembre 2023. De quoi sérieusement envisager le vol inaugural, prévu en 2024, avec environ quatre ans de retard. Avant cela, «quelques essais supplémentaires» doivent avoir lieu d’après Martin Sion, président exécutif d’Arianegroup, pour «démontrer la tolérance à des cas de panne, la livraison du premier lanceur à Kourou et la revue de qualification du système de lancement», a-t-il expliqué, cité dans le communiqué.
Alors qu'Ariane 5 a décollé pour la dernière fois en juillet dernier, des problèmes techniques d’Ariane 6 ont longtemps retardé le premier vol du futur lanceur dont Arianegroup est le maître d'œuvre. Début novembre, la France est tout de même parvenue à un accord avec l'Allemagne et l'Italie pour garantir le financement des 42 prochains lancements de la fusée prévus jusqu'à l'horizon 2030.



