Conçu pour contribuer à la transition énergétique et écologique de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), le projet HyVence représente un investissement de 600 millions d’euros afin de produire chaque année 15 000 tonnes d’hydrogène grâce à l’implantation de panneaux photovoltaïques sur environ 500 hectares. HyVence avance un atout par rapport à d’autres projets qui émergent à Fos (Carbon, H2V, GravitHy…) : son porteur, Géosel, ne revendique pas auprès du Grand Port Maritime de Marseille quelques hectares de foncier supplémentaires pour le concrétiser !
Il souhaite en effet tirer profit de ses installations actuelles, réparties entre le bassin fosséen et les collines de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) où il gère les cavités salines souterraines remplies d’hydrocarbures (9 millions de mètres cubes de capacité), au titre des réserves stratégiques constituées pour la France par différents opérateurs pétroliers réunis au sein de la SAGESS (Société anonyme de Gestion des Stocks de Sécurité).
L’exploitation de ce site conduit l’industriel à détenir, à Fos, des étangs d’eau salée (Lavalduc et Engrenier) qui lui fournissent la saumure saturée indispensable au stockage de pétrole. Son idée : recouvrir ces surfaces par la ferme solaire de 600 MW de puissance crête et générer ainsi 800 GWh d’électricité renouvelable pour produire l’hydrogène vert par électrolyse (puissance de 100 MWé).
Une demande de proximité à satisfaire
Pour François Billard, directeur général délégué à l’hydrogène de Géosel, «la consommation actuelle d’hydrogène par les industriels de la zone est évaluée à environ 100000 tonnes par an. Elle est assurée essentiellement par de l’hydrogène issu de procédés carbonés. Notre projet contribuera ainsi à décarboner une part significative de cette demande. Nous enregistrons déjà des marques d’intérêt de leur part, car beaucoup sont en réflexion sur les moyens de s’approvisionner en hydrogène décarboné. Notre objectif est d’être opérationnels entre 2028 et 2030, cette échéance étant stratégique pour la capacité de la France à tenir ses ambitions de réduction des émissions de CO2». «À terme, nous pourrons servir aussi des marchés de la mobilité et des e-carburants» précise Charlotte Toulemonde, directrice de projet.
Un chemin tracé pour les prochains mois
Avant d’en arriver là, HyVence va devoir franchir plusieurs étapes, que ce soit sur les validations techniques et financières que sur les études, procédures d’autorisations et de concertation, jamais exemptes de rebondissements, même si le dossier est plutôt vu d’un bon œil par les pouvoirs publics et élus locaux… Une équipe travaille déjà à réunir toutes les conditions pour l’avancée du projet à l’horizon mi-2025. «Le projet est de construire les électrolyseurs entre les deux étangs afin de limiter les pertes d’énergie. Nous menons des études pour maximiser sa performance comme son intégration paysagère», ajoute Charlotte Toulemonde. La concertation publique est envisagée au 1er semestre 2024. Quant à stocker un jour de l’hydrogène dans les cavités de Manosque, la perspective reste lointaine. Mais Géosel se considère légitime à adapter les infrastructures à un tel besoin…



