Nouveau départ pour l'atelier de pre-compound du chimiste Daikin à Oullins Pierre-Bénite, près de Lyon (Rhône). La préfecture du Rhône a autorisé la reprise de l'exploitation de cet atelier contesté, qui avait dû suspendre son activité après une ordonnance du tribunal administratif de Lyon en juin 2024. Le juge avait alors estimé qu'il fallait pour cela une autorisation d'exploitation, et pas seulement une autorisation d'extension.
«L'activité de cet atelier a repris mardi. Pour nous conformer aux exigences de l'État, nous avons installé des filtres dit «absolus», qui utilisent des filtres HEPA H14 (filtration de très haute efficacité). Ces derniers, fournis par AAF une filiale de Daikin, réduisent de façon drastique nos émissions de poussières à 1 à 2 grammes par an», réagit Gaël Marseille, président de Daikin Chemical France.
Pas d'étude d'impact
Ce nouvel arrêté prévoit une surveillance accrue de Daikin, qui a ajouté un atelier de 1400 m² afin d'accueillir une production de polymères qui était réalisée auparavant aux Pays-Bas. L'atelier a tourné quelques semaines en hiver et jusqu'au jugement du 20 juin. «Le plafond d'émissions, la fréquence de surveillance, les délais de substitution ont été renforcés pour répondre aux préoccupations exprimées lors de la consultation publique», explique la préfète du Rhône Fabienne Buccio.
Le texte impose ainsi un contrôle des rejets d'air du site tous les six mois, et non plus une fois par an. Il exige de ramener à deux ans, et non trois, le délai de substitution d'un nouveau PFAS utilisé dans cette usine, le bisphénol AF. Des députés écologistes ont écrit à Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, pour dénoncer l'absence d'une étude d'impact dans cette autorisation. Alors que l'ordonnance du tribunal l'avait requise. Des collectifs de riverains ont annoncé leur intention d'attaquer l'arrêté.
Daikin Chemical France et son voisin Arkema sont les deux sites producteurs de PFAS, ou polluants éternels de la plateforme chimique au sud de Lyon.



