Les PFAS, des substances chimiques inquiétantes de plus en plus encadrées

Ultra-persistantes dans l’environnement et les organismes vivants, parfois reconnues pour leur toxicité, les substances chimiques perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS) sont de plus en plus décriées. Certaines sont même interdites dans l’UE.

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CLP produits chimiques
Les PFAS, un ensemble qui regroupe des milliers de substances chimiques, sont de plus en plus encadrées en raison de leur caractère extrêmement persistant dans l'environnement et de leur toxicité.

Les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées sont regroupées sous l’acronyme PFAS. Cette famille, au cœur d’une enquête journalistique autour de la plateforme chimique de Pierre-Bénite (Rhône), comprend plusieurs milliers de substances, utilisées dans une multitude d’applications industrielles et de produits courants depuis les années 1940 et 1950. Leurs atouts : des caractéristiques physico-chimiques intéressantes comme leur stabilité à des chaleurs intenses, des propriétés tensioactives (pour le nettoyage), ou encore d’imperméabilité à l’eau et aux graisses. On les retrouve dans une myriade de secteurs : aéronautique, textile, construction, électronique, dispositifs médicaux, matériaux au contact d’aliments. Elles sont également employées dans la lutte anti-incendie. Mais les PFAS sont dans le collimateur des autorités sanitaires mondiales, surtout européennes, pour plusieurs raisons.

Ces substances sont décrites par l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) comme une famille présentant les liaisons chimiques parmi les plus solides de la chimie organique, ce qui les rend particulièrement résistantes à la dégradation et donc propices à l’accumulation dans l’environnement et les organismes. Dans un document en ligne, l’Echa souligne même qu’elles persistent « dans l’environnement plus longtemps que n’importe quelle autre substance produite par l’Homme ». Se présentant sous forme gazeuse, liquide, ou de polymères solides, les PFAS sont à chaînes carbonées longues ou courtes.

Interdictions et restrictions de PFAS à la chaîne... 

Au-delà de leur persistance, certaines peuvent générer des effets toxiques. L’Echa souligne que les « effets dangereux des PFAS à longue chaîne sur la santé humaine et l’environnement ont été les premiers à être reconnus par les scientifiques et les gouvernements dans le monde ». Certaines molécules sont reconnues ou suspectées d’être toxiques pour la reproduction, ou d’être dangereuses pour les fœtus, tandis d’autres sont cancérogènes, et d’autres soupçonnées d’être des perturbateurs endocriniens.

Interdictions et restrictions par sous-famille se sont ainsi multipliées dans l’Union européenne. Selon l’Echa, les PFOS (acides perfluorooctanesulfoniques) sont interdits depuis plus de dix ans, et le PFOA (acides pentadécafluorooctanoïques) et ses dérivés sont bannis depuis 2020. Le règlement Reach, qui régit les substances chimiques dans l’UE, prévoit l’interdiction des PFCA (acides perfluorocarboxyliques) et dérivés à partir de février 2023. La sous-famille des PFHxA (acides undécafluorohexanoïques) pourrait l’être dans les prochains mois. D'autres restrictions pourraient s’étendre à court terme. Les Pays-Bas, l’Allemagne et les pays scandinaves proposent de bannir un vaste ensemble de PFAS, tandis que d’autres Etats membres comme la France, dans le cadre d’une conférence interministérielle européenne qui se tient à Paris les 11 et 12 mai, pourrait proposer d’élargir l’interdiction à tous les PFAS, indique-t-on du côté du ministère de la Transition écologique.

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… et surveillance accrue en France dans les eaux

Jeudi 11 mai, d’ailleurs, un nouvel arrêté a été annoncé en France sur l’élargissement des substances chimiques à surveiller dans les eaux de surface et souterraines. L’arrêté, qui renforce la directive européenne cadre sur l’eau, « impose désormais la surveillance d’une centaine de nouvelles substances chimiques, dont des composés perfluoroalkylés (PFAS), qui sont des polluants émergents devant faire l’objet d’une surveillance renforcée », selon un communiqué du ministère de la Transition écologique. Le document ajoute que ces « nouvelles obligations » seront « déclinées sur tous les bassins hydrographiques métropolitains et ultra-marins dès cette année ». Cela concerne les eaux souterraines et les eaux de surface, comme les cours d’eau, les plans d’eau, les eaux de transition et les eaux côtières.

Face aux dangers et aux normes de plus en plus contraignantes, l’industrie chimique s’est adaptée ces dernières années. Les groupes producteurs ou utilisateurs de PFAS dans leurs procédés et produits chimiques ont déjà trouvé des substances de substitution, notamment pour les PFAS à longue chaîne, ou travaillent activement à trouver des molécules de substitution ou à se passer de ces substances.

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Date de réponse 11/05/2026
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