AMD marche sur les traces de son grand rival Intel. Le deuxième fournisseur mondial de microprocesseurs X86 pour PC et serveurs, qui compte 11 400 salariés dans le monde et s’attend à un chiffre d’affaires de 9,5 milliards de dollars en 2020, s’offre Xilinx, numéro un mondial des circuits logiques programmables.
Le projet d’acquisition, qui faisait jusqu’ici l’objet de rumeurs, a été confirmé par la direction lors de la présentation, le 27 octobre 2020, des résultats du troisième trimestre 2020. La transaction se monte à environ 35 milliards de dollars, financée à 100 % par échange d’actions. Elle devrait être finalisée à la fin de 2021.
Opportunité de 110 milliards de dollars
"Notre acquisition de Xilinx marque la prochaine étape de notre voyage pour faire d’AMD le leader de l’informatique à haute performance et le partenaire de choix des plus grandes et des plus importantes entreprises technologiques au monde, déclare dans le communiqué Lisa Su, PDG d’AMD. C'est vraiment une combinaison convaincante qui créera une valeur significative pour toutes les parties prenantes, y compris les actionnaires d'AMD et de Xilinx, qui bénéficieront de la croissance future et du potentiel de progression de la société fusionnée. "

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L’opération est éminemment stratégique. AMD est présent aujourd’hui dans les processeurs de calcul, les processeurs graphiques et les circuits sur mesures pour les entreprises. Une activité qui le cantonne aux marchés des PC, serveurs, de l’embarqué et certaines applications spécifiques comme les consoles de jeux de Sony et Microsoft qu’il motorise en exclusivité. Avec Xilinx, il étend son offre aux circuits logiques programmables, s’ouvrant ainsi les marchés des télécoms, de l’industrie, de l’aérospatial ou encore de la défense. De quoi porter son opportunité du marché à 110 milliards de dollars, contre un peu moins de 80 milliards de dollars jusqu’ici.
Enjeu d'une grande bataille
Ce n’est pas tout. Avec le ralentissement de la loi de Moore, les circuits logiques programmables sont vus comme une réponse providentielle pour accélérer les calculs dans les datacenters. Ils apparaissent comme un complément naturel des processeurs graphiques d’AMD dans sa stratégie de développement sur ce marché dynamique tiré par l’explosion du cloud et des usages en ligne. C’est pourquoi ils font l’objet d’une bataille effrénée de la part des grands fournisseurs de puces de traitement.
C’est ainsi qu’Actel a été racheté en 2010 par Microsemi (lui-même absorbé en 2018 par Microchip Technology) puis Altera en 2015 par Intel. Après l’acquisition de Xilinx par AMD, il ne restera plus qu’un seul acteur pure player : Lattice. Et encore, il aurait pu être racheté par des investisseurs chinois si les Etats-Unis n’avaient pas opposé leur véto.
Croissance de 41 % en 2020
AMD reste le seul challenger d’Intel dans les microprocesseurs X86 et offre la principale alternative aux processeurs graphiques de Nvidia. Depuis trois ans, il jouit d’une ascension spectaculaire, grignotant à Intel des parts de marché dans les PC, les serveurs et les supercalculateurs. Avec Xilinx, il s’offre une arme de plus dans sa bataille contre son grand rival sur le segment des datacenters.
Ses perspectives s’annoncent particulièrement alléchantes avec une projection de croissance du chiffre d’affaires de 41 % en 2020, alimentée par la résurgence des ventes des PC, les gains de parts de marchés sur le dos d'Intel et l’arrivée bientôt de nouvelles génération de consoles de jeu de salon chez Sony et Microsoft. Une dynamique qui contraste avec le rétrécissement du périmètre d'Intel contraint de sortir des mémoires flash NAND après avoir jeté l'éponge dans les puces mobiles et modems pour smartphones.



