Alpine dévoile l’A290, son premier modèle électrique grand public qui doit lui permettre d’éclore

Retour en piste pour Alpine, qui présente un modèle flambant neuf, l’A290, plus de six ans après la commercialisation de son unique modèle, la «berlinette» A110. Une première étape pour la marque française qui a l'ambition de faire rayonner son savoir-faire hexagonal à l’international.

Alpine A290 (2024)
L'A290 vient étoffer la gamme d'Alpine, uniquement composée de la «berlinette» A110 depuis la relance de la marque dieppoise en 2017.

Toute ressemblance avec la très médiatisée Renault R5 n’est pas fortuite. À l’occasion des 24 heures du Mans, Alpine a enfin levé le voile le 13 juin sur son premier modèle en plus de six ans : l’A290. «Nous sommes partis de la R5, iconique, et nous l’avons dessinée comme une Alpine», retrace Antony Villain, responsable du design. Affichant une esthétique largement similaire agrémentée d’une ligne plus sportive, cette petite citadine tournée vers la performance (jusqu’à 220 chevaux et 300 nm de couple pour 1479 kg) sera fabriquée sur la même ligne de production que sa cousine R5, dans l’usine nordiste de Douai.

La commercialisation de l’A290 est prévue à l’automne, à partir de 38 000 € (hors bonus écologique). Alpine ne communique pas sur ses objectifs de ventes, mais affiche un positionnement prix en ligne avec la concurrence. À motorisation équivalente, une Mini Cooper électrique est également disponible à partir de 38 000 euros.

Alpine A290 (2024)Arnaud Taquet
Alpine A290 (2024) Alpine A290 (2024)

La première Alpine électrique fait la part belle aux nostalgiques des vrombissements de moteurs à combustion interne. À l'intérieur de l'habitacle, le conducteur est accompagné par un son imaginé à partir du comportement vibro-acoustique du moteur électrique de l'A290. Et dans lequel on décèle une pointe de bruit sourd, légèrement mécanique. © Arnaud Taquet

«C’est vraiment la première Alpine électrique. C’est un message», raconte Philippe Krief, à la tête de la marque depuis l’été 2023. Plus qu’un simple virage mécanique, ce nouveau modèle est hautement symbolique pour la marque fondée en 1955 par Jean Rédélé. Fini, la gamme monoproduit avec la seule «berlinette» A110, (re)lancée en 2017 ! Le groupe Renault ambitionne de positionner Alpine en marque haut de gamme. Un souhait du grand patron, Luca de Meo, qui veut «étendre l’empreinte de la marque».

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Cap vers l’Amérique

D’abord, en nombre de modèles. Outre l’A110 (dont une nouvelle version est dans les tuyaux pour 2026) et l’A290, cinq modèles vont venir compléter le garage Alpine dans les prochaines années. La marque va progressivement partir à la conquête des segments D et E, ceux des SUV, qui laissent espérer des volumes et (surtout) des marges intéressants. Ensuite, Alpine nourrit des ambitions internationales. La marque souhaite réaliser la moitié de ses ventes en dehors d’Europe en 2030, principalement aux États-Unis (mais également en Asie). Elle part quasiment de zéro. «C’est la partie qui va être la plus difficile», admet volontiers son patron. Car malgré son écurie de Formule 1, les ventes comme la notoriété de la marque sportive auprès du grand public ne décollent pas.

Pour espérer séduire les amateurs de trucks outre-Atlantique, il va falloir proposer de grands et larges véhicules… et pas uniquement électriques. Les dirigeants de Renault l'ont bien compris. Malgré la transition du marché européen, Alpine reste à l’affût des choix politiques opérés ailleurs dans le monde et ne compte pas passer à côté de certaines opportunités technologiques. La marque développe actuellement sa propre plateforme modulaire, l’Alpine Performance Platform (APP). Elle a annoncé dès 2023 que celle-ci sera «native pour les véhicules électriques, mais pourra aussi accueillir d'autres systèmes de propulsion».

En version électrique… et peut-être thermique !

Alpine avait initialement en tête l’utilisation d’hydrogène dans un moteur thermique, mais ne ferme pas aujourd'hui la porte à la possibilité d’introduire une motorisation hybride. Une position en ligne avec la tendance à court-moyen terme sur le marché nord-américain, qui va se détourner moins vite des moteurs à combustion interne que l’Europe. Les trois constructeurs de Détroit (Stellantis, General Motors et Ford) investissent et misent sur la technologie hybride pour respecter les normes d’émissions CO2 au cours des années à venir.

Malgré ce plan de route, Alpine, qui vise la rentabilité dès 2026, n'est pas encore vu comme un atout au sein du groupe Renault par les investisseurs. Sans doute ces derniers étaient-ils trop agités ces derniers temps par le redressement des finances du groupe, les multiples lancements produits du Losange, la refonte de l’Alliance avec Nissan et Mitsubishi ou plus récemment la montée du cours de Bourse. Ou est-il simplement trop tôt pour chiffrer le potentiel d’Alpine en comparaison à une autre marque du groupe, Dacia, qui cartonne avec une marge d'exploitation proche de celle des équipementiers haut de gamme ? En tout état de cause, l’A290 est un nouveau test grandeur nature pour une marque française iconique qui doit trouver son public et faire ses preuves.

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