L’introduction d’Afyren sur le marché Euronext Growth atteindra un minimum de 66,5 millions d’euros. C’est ce qu’a annoncé la société clermontoise de chimie verte mercredi 29 septembre. La levée pourrait être portée jusqu’à 72,8 millions d’euros en cas d’exercice intégral de l’option de surallocation, précise la société. Soit à la hauteur de l’objectif initial de lever entre 70 et 80 millions d’euros. L’opération voit en particulier l’entrée au capital d’Afyren des actionnaires tels que le fonds d’investissement Mirova ainsi que Bpifrance.
Cette introduction en bourse doit permettre à l’entreprise clermontoise, qui produit des acides organiques biosourcés, d’avancer sur ses programmes de R&D. Ces derniers devraient bénéficier d’environ un tiers des fonds levés. Mais surtout, l'entreprise veut renforcer son industrialisation.
Deux usines en Amérique du Nord et en Asie
« L’enjeu de l’introduction est aussi de financer les deux futures usines », a d’ailleurs souligné Nicolas Sordet, président et co-fondateur d’Afyren lors d’une conférence de presse à Paris le 14 septembre. Deux tiers des fonds obtenus seraient alloués à deux projets qui devraient nécessiter, au total, des investissements de l’ordre de 90 millions d’euros. Ce qui demandera des apports financiers supplémentaires ces prochaines années.

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Une usine serait implantée en Amérique du Nord, avec des emplacements à l’étude soit dans le Golfe du Mexique, soit dans le nord-est des Etats-Unis et le sud du Canada, autour de la région des Grands Lacs. La seconde est envisagée en Asie, entre le sud de la Chine et l’ensemble de l’Asie du Sud-Est. « Nous travaillons au meilleur choix des lieux et des matières premières, avec des objectifs de mise en service pour fin 2024 pour la première, et début 2026 pour la seconde », indique Maxime Cordonnier, le directeur financier de l’entreprise.
Capacités installées de 28 000 tonnes
Techniquement, chacune de ces deux usines disposera de capacités installées de 28 000 tonnes par an d’acides organiques biosourcés, avec des objectifs de chiffre d’affaires annuel d’environ 60 millions d’euros par usine, et une marge d’Ebitda ambitionnée à hauteur de 35%. Grâce à la réplication du modèle industriel, ces ordres de grandeur sont déjà bien supérieurs à la toute première usine d’Afyren, qui doit entrer en service à la fin du premier trimestre 2022.
Sur la plateforme chimique de Carling (Moselle), dans le cadre de la coentreprise Afyren Neoxy qui implique Bpifrance à hauteur de 49%, les capacités envisagées sont de 16 000 tonnes par an d’acides organiques et de 23 000 tonnes d’engrais potassique, seul résidu de production.
60% des futurs volumes vendus
Ce premier projet industriel, d’un montant total de 62 millions d’euros, doit aboutir à des ventes annuelles d’environ 35 millions d’euros. Il semble déjà sur bons rails. « L’usine est déjà très dérisquée aujourd’hui », assure Nicolas Sordet, avançant d’une part la finalisation du financement et d’autre part le fait que « 60% des futurs volumes sont déjà vendus », grâce à de multiples contrats signés. Sans compter des discussions avec environ 300 clients potentiels, selon la direction.
Les futures productions attirent évidemment les appétits. Les sept acides organiques sont obtenus par fermentation, à l’aide d’un mélange de micro-organismes naturels, de co-produits agricoles, quasiment sans rejet et en circuit fermé pour les besoins en eau. Utilisés comme ingrédients principalement pour les marchés de la nutrition humaine et animale, des arômes, des parfums, et des lubrifiants, ces futurs produits sont entièrement biosourcés et présentent un bilan carbone qui serait 80% inférieur à leurs homologues pétro-sourcés. Tout en étant aussi compétitifs en termes de prix.
Seule entreprise au monde sur cette amplitude de gamme de chimie verte, selon la direction, et face à l’accélération de la demande en produits biosourcés, Afyren ambitionne de se positionner avantageusement sur un marché mondial colossal, et aujourd’hui à 99% pétro-sourcé. La société l’estime à 13 milliards de dollars (environ 11 milliards d’euros), pour l’année 2021, avec une perspective de croissance de 5% par an ces prochaines années.



