La pandémie du Covid-19 n’a pas épargné Actia. Le petit équipementier automobile toulousain, qui compte 3 700 personnes dans le monde, dont 1 200 en France, clôture 2020 avec un chiffre d’affaires en recul de 15,7 % à 438,6 millions d’euros et une perte d’exploitation de 6,9 millions d’euros, contre un bénéfice d’exploitation de 16,3 millions d’euros en 2019.
Plus des trois quarts de la baisse des revenus ont été générés au 1er semestre 2020 par le pic de la crise sanitaire et les mesures de confinement les plus contraignantes. Mais dès le troisième trimestre 2020, Actia a repris la croissance jusqu’à reconstituer une marge d’exploitation positive de 3,2 % au 2ème semestre 2020, comparable à celle de 3 % du 2ème semestre 2019, contre une marge d’exploitation négative de 7,1 % au 1er semestre 2020.
Fermeture de plusieurs usines de puces
«Nous nous sommes adaptés à la situation de pandémie et réussi à nous organiser pour reprendre notre activité presque comme avant», se félicite le PDG Jean-Louis Pech lors de la présentation des résultats annuels le 31 mars 2021. Avec l’espoir d’oublier l’impact négatif de cette crise. Seulement voilà : une autre crise est venue gâcher la reprise, la pénurie de puces électroniques.

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" Elle est due au départ à la préemption des semi-conducteurs par des applications grand public et la 5G, explique Jean-Louis Pech. Elle se durcit avec la tempête de froid au Texas, qui a provoqué la fermeture de plusieurs usines de puces, la sécheresse à Taiwan, qui a ralenti la production chez le fondeur TSMC, et plus récemment l’incendie dans une usine importante de Renesas, au Japon. Sans compter le blocage du canal de Suez par lequel transitent les fournitures en provenance d'Asie. Il faudra attendre le troisième ou quatrième trimestre 2021 pour voir la crise commencer à se résorber. " La tempête au Texas a contraint Samsung, NXP et Infineon Technologies à fermer leurs usines à Austin le 15 février 2021. Elles viennent tout juste de redémarrer mais le retour à 100 % de la production n'est pas attendu avant plusieurs mois.
Actia dépend des puces pour tous les produits et services de fabrication qu’il livre à ses deux marchés : l’automobile et les télécoms. Compte tenu de son poids modeste, il ne les achète pas directement aux fabricants. Il se les procure par l’intermédiaire de distributeurs. Face à la pénurie, les délais de livraison s’allongent et les prix flambent. "Nous avons mis en place une équipe dédiée à la gestion de ce problème et basculé sur des fournisseurs alternatifs qui peuvent nous fournir plus vite, affirme le PDG. Mais nous sommes confrontés à la hausse des prix. Nous allons renégocier les contrats avec nos clients pour leur répercuter cette augmentation, qui sera répercutée sur le client final."
Manque de visibilité pour 2021
Jean-Louis Pech salue les efforts entrepris par Intel, aux Etats-Unis, et TSMC, à Taiwan, pour augmenter les capacités de production de puces. Intel a annoncé un investissement de 20 milliards de dollars dans la construction de deux nouvelles usines dédiées en partie à des services de fonderie, tandis que TSMC prévoit d’engloutir cette année un record de 28 milliards de dollars. "Le monde est fait maintenant de crises, constate le patron d’Actia. Nous devons apprendre à nous adapter pour limiter l’impact sur les clients. C’est ce que nous faisons."
Les signaux positifs envoyés par Intel et TSMC ne suffisent pas à rassurer Jean-Louis Pech, car la situation s’annonce très mouvante comme le montre l’incendie de l’usine de Renesas au Japon dont l'impact se révèle maintenant plus important que prévu. " Nous manquons toujours de visibilité pour l’année 2021, se plaint-il. Le chiffre d’affaires que nous réaliserons au deuxième trimestre 2021 sera un indicateur clé. Nous pensons néanmoins terminer 2021 avec un chiffre d’affaires compris entre ceux de 2020 et 2019. Peut-être plus proche de celui de 2019 que de celui de 2020. "
Malgré ces crises à répétition, Actia reste confiant dans son développement à moyen terme et réaffirme son objectif d’atteindre dans cinq ans un chiffre d’affaires de 800 millions d’euros, dont 200 millions d’euros dans l’électrification des véhicules.



