Le Japon se mobilise pour aider Renesas à se relever de l’incendie de son usine de puces

Gouvernement, constructeurs automobiles, équipementiers, grands clients… Tout le Japon est mobilisé pour aider son champion des puces Renesas après l’incendie qui a mis à l’arrêt sa plus grande usine. L’objectif est de reprendre au plus vite la production pour éviter d’aggraver la pénurie de puces qui pénalise tout particulièrement l’automobile.

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Renesas usine de puces
A l'intérieur de la salle blanche d'une usine de puces de Renesas Electronics.

Le drame que vit le fabricant japonais de puces Renesas Electronics après l’incendie qui a touché, le 19 mars 2021, sa plus grande usine à Naka, prend une dimension nationale. Tout le Japon se mobilise pour apporter son soutien à cette entreprise emblématique de semi-conducteurs, régulièrement frappée par des tremblements de Terre comme celui qui a secoué la région de Fukushima le 15 février 2021.

Le METI, ministère japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, a dépêché des renforts sur place pour aider Renesas Electronics à nettoyer les 600 m2 de salle blanche touchés par l’incendie. Il a dans le même temps appelé constructeurs automobiles, équipementiers, grands clients et autres partenaires clés à la rescousse.

Des renforts de Toyota et Nissan

Selon The Japan Times, Toyota et Nissan, qui figurent parmi les plus gros clients de Renesas Electronics, ont déjà répondu à l’appel du gouvernement, tandis que des équipementiers de production de semi-conducteurs comme Tokyo Electron, Screen Semiconductor Solutions ou Nikon se tiennent prêts à épauler l’entreprise dans le remplacement des 11 équipements de l’usine détruits par le feu.

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Renesas Electronics réunit l’essentiel des semi-conducteurs de trois géants japonais de l’électronique : Hitachi, NEC et Mitsubishi Electric. Il est considéré comme le fleuron du Japon dans les puces, le seul à couvrir un large spectre de composants clés, alors que les deux autres plus grands fabricants de l’Archipel, Kioxia et Sony, se cantonnent le premier aux mémoires et le second aux capteurs d’image Cmos. Sur son site de Naka, il dispose de deux usines : l’une de 200 mm (elle fabrique les puces sur des plaquettes silicium de 200 mm de diamètre), l’autre de 300 mm.

L’incendie a touché uniquement l’usine de 300 mm. S’il n’en a endommagé qu’une petite partie (5 % de la totalité des salles blanche et 2 % des équipements), il a rendu le maintien de la production impossible en raison de l’interdépendance entre tous les équipements. C’est pourquoi Renesas Electronics a été contraint de suspendre la production de cette usine avec l’espoir de la reprendre dans environ un mois. Trop optimiste selon le cabinet TrendForce qui, compte tenu du délai nécessaire au remplacement des équipements détruits, n’entrevoit pas de redémarrage avant trois mois.

N°1 des microcontrôleurs

Cet accident intervient à un moment critique où une pénurie de puces frappe tous les secteurs et tout particulièrement l'automobile, l’une des grandes forces industrielles du Japon. Renesas Electronics joue un rôle clé dans la chaine logistique automobile. Ce n’est pas un hasard si Denso et Toyota figurent parmi ses six premiers actionnaires. C’est pour sécuriser leurs approvisionnements de puces. Selon le cabinet IHS Markit, Renesas Electronics s’impose comme le troisième plus grand fournisseur mondial de puces pour l’automobile derrière l’allemand Infineon Technologies et le néerlandais NXP, mais devant l’américain Texas Instruments et le franco-italien STMicroelectronics. Il est surtout le premier pourvoyeur de microcontrôleurs, composants embarqués en plusieurs dizaines d’exemplaires dans les voitures pour des fonctions de contrôle de moteur, du freinage, de l’ABS ou de la sécurité. Ce sont justement ces composants, sorte d'ordinateur sur puce, qui manquent le plus cruellement aujourd'hui.

Selon le cabinet TrendForce, les clients de Renesas Electronics ne peuvent pas se tourner vers des fournisseurs alternatifs comme STMicroelectronics, qui fabrique la plupart de ses microcontrôleurs en interne, alors qu’Infineon Technologies, NXP ou encore Texas Instruments reposent principalement sur des fondeurs de puces comme TSMC, Samsung ou UMC. La raison ? Les capacités de production sont partout saturées. C'est pourquoi le Japon et les constructeurs automobiles veulent que l'usine de 300 mm de Renesas à Naka redémarre au plus vite.

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