Olivier Véran prendra la parole ce jeudi 25 novembre à la mi-journée. Un mois pile avant Noël, le ministre des Solidarités et de la Santé doit présenter les mesures qu'engagera le gouvernement face à la cinquième vague de Covid-19 en France, avec des indicateurs qui s’affolent en termes d’infections.
A l’issue du conseil de défense et de sécurité nationale qui s’est tenu le 24 novembre, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, a exclu, pour le moment, le retour des «mesures de jauges et encore moins de mesures de couvre-feu, de fermetures, et de confinement». Mais il a évoqué le «renforcement des mesures barrières et du port du masque en intérieur comme en extérieur», le «renforcement du pass sanitaire pour mettre davantage de contraintes sur les non-vaccinés que sur les vaccinés», et «l’accélération de la campagne de rappel vaccinal». Deux des trois pistes de réflexion portent ainsi directement sur la vaccination.
9% de non vaccinés chez les plus de 18 ans en France
Au 23 novembre, selon les chiffres de la Direction générale de la Santé, 89% des personnes âgées de 18 ans et plus en France sont entièrement vaccinées, et 91% ont reçu au moins une dose. Un des premiers défis concerne évidemment les personnes de plus de 18 ans pas encore vaccinées. Des mesures pourraient donc être annoncées sur un renforcement des contraintes liées au pass sanitaire pour encourager les non-vaccinés à sauter le pas.
Pour les adolescents et les enfants, il ne semble pas évident que le gouvernement engage ni mesure ni contrainte spécifiques. La tranche 12-17 ans est déjà pleinement vaccinée à 75% (78% de premières doses), et pour l’heure il n’est pas question d’élargir la vaccination aux enfants. Si l’Académie de Médecine plaide en faveur d’un tel élargissement, la Haute autorité de Santé (HAS) n’a pas encore ouvert cette voie.
Rappel dès 40 ans ?
Reste la question de la vaccination de rappel, qui pourrait toucher un large public, surtout avec la recommandation de la HAS, le 19 novembre, d'étendre cette campagne dès l'âge de 40 ans. Recommandation qui s’appuie sur le résultat d’études israéliennes et américaines avec des données recueillies en vie réelle et démontrant une meilleure protection conférée par une dose de rappel au bout de six mois face à l’infection et aux risques de formes sévères chez l’ensemble des personnes de plus de 40 ans.
6 millions de rappels sur une population éligible de 22 millions
Au 24 novembre, la DGS dénombrait 6,07 millions de personnes en France ayant reçu cette dose de rappel. Ouverte depuis le 1er septembre, la campagne ne cesse de monter en puissance. Rien que depuis le début du mois de novembre ont été enregistrées 2,97 millions d’injections de rappel, presque la moitié. Mais selon l’estimation de la population éligible à la vaccination de rappel, qui s’établirait aux environs de 22 millions de personnes, il y a encore du chemin à parcourir. Pour le moment, seuls les plus de 65 ans sont tenus d’avoir reçu avant le 15 décembre prochain leur dose de rappel pour garantir la validité de leur pass sanitaire. Et l’ouverture de la vaccination de rappel pour la tranche 50-64 ans devrait intervenir début décembre. L’anticipation de cette échéance pourrait faire partie des mesures imminentes.
La population déjà éligible
Actuellement, en France, la vaccination de rappel porte sur une troisième dose au bout de six mois après un schéma vaccinal complet avec une dose entière du vaccin Comirnaty (Pfizer/BioNTech), privilégié pour les moins de 30 ans, ou une demi-dose du vaccin Spikevax (Moderna), plutôt pour les plus de 30 ans. Cela concerne aussi une dose de vaccin ARNm au bout de 4 semaines pour les personnes vaccinées avec une dose unique du vaccin Janssen (Johnson & Johnson). En termes de population éligible on trouve les personnes de plus de 65 ans, les résidents des Ehpad et des unités de soins de longue durée, les personnes à risques de formes graves en raison de comorbidités, les personnes immunodéprimées, toutes les personnes vaccinées avec le produit de Janssen, les professionnels de santé, ceux du médico-social, les aides à domicile pour personnes vulnérables, les professionnels du transport sanitaire, les pompiers, et les personnes vivant dans l’entourage des personnes immunodéprimées.



