Si l’efficacité énergétique a gagné en visibilité ces derniers mois dans un contexte de flambée des prix de l’énergie, elle n’est pas encore assez mise sur le devant de la scène, regrette l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’organisation a donc convié 700 personnes provenant de plus de 80 pays à Versailles (Yvelines) pour sa 8ème conférence internationale sur l’efficacité énergétique. Celle-ci s’est tenue du 6 au 8 juin et était co-organisée par la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. A l’issue de cette réunion, 45 gouvernements membres de l’AIE ou partenaires provenant des cinq continents se sont engagés à soutenir des politiques et des actions visant à doubler le taux annuel moyen mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici à 2030.
Une amélioration de 2,2% en 2022
Un objectif fixé par l’AIE quelques jours auparavant dans son rapport «Efficacité énergétique : La décennie de l'action» pour respecter son scénario «zéro émission nette d’ici 2050». «Le monde doit doubler les progrès en matière d'efficacité énergétique d'ici à 2030 pour améliorer la sécurité et l'accessibilité de l'énergie tout en maintenant l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré», affirme-t-elle. En effet, si l’efficacité énergétique a progressé de +2,2% en 2022, soit le double de la moyenne des cinq dernières années, cela ne suffit pas. L’AIE souligne que si cette amélioration n’avait pas eu lieu, la demande en énergie, qui a augmenté de 1%, aurait grimpé de près de trois fois plus…
Améliorer l’efficacité énergétique de 4% par an d’ici à 2030 permettrait «d'obtenir des réductions essentielles des émissions de gaz à effet de serre tout en créant des emplois, en élargissant l'accès à l'énergie, en réduisant les factures énergétiques, en diminuant la pollution atmosphérique et en réduisant la dépendance des pays à l'égard des importations de combustibles fossiles, entre autres avantages sociaux et économiques», détaille l’organisation.
Tripler les investissements
Pour parvenir à ce but, les investissements en matière d’efficacité énergétique doivent tripler pour passer de 600 milliards de dollars actuellement à plus d’1,8 trillion de dollars d’ici à 2030. Dans leur déclaration, les ministres qui ont approuvé l'objectif ont identifié comme priorités la numérisation, les solutions axées sur la demande et les investissements dans la modernisation des réseaux électriques. Ils ont aussi mis en avant l’importance de lutter contre la précarité énergétique, de promouvoir les moyens de cuisson non polluants ou encore la nécessité de prendre en compte les problématiques de genre dans le domaine de l’énergie. La prochaine conférence mondiale de l’AIE sur l'efficacité énergétique se tiendra l’an prochain à Nairobi (Kenya) et aura pour but d’encourager le progrès en matière d’efficacité dans les économies émergentes.



