L'éolien maritime, EDF y croit dur comme fer. Et pour cause, selon les chiffres du cabinet d'étude Bloomberg New Energy Finance, le prix du mégawatt-heure produit de cette manière est passé de 187 dollars en 2010 à 78 dollars (environ 70 euros) en 2020, soit une baisse de 8 % chaque année. Établie en 2019 à plus de 29 gigawatts, la capacité offshore mondiale devrait dépasser les 180 GW dans dix ans.
"Les coûts ont fortement baissé ces dix dernières années, a annoncé lors d'une visioconférence le 2 juin Bruno Bensasson, le dirigeant d’EDF Renouvelables. Parallèlement, l'éolien maritime prend une part croissante dans les mix énergétiques et dans le renouvelable."
En plus de présenter en détails le nouveau projet de parc éolien maritime de Fécamp (Seine-Maritime), prévu pour 2023, EDF Renouvelables est revenu sur ses différents travaux en cours, en France comme en Europe. Car la filiale du groupe français dédiée au développement des énergies solaires et éoliennes devrait bientôt déployer environ 2 GW d'éolien offshore en France via cinq projets, mais aussi 1,4 GW ailleurs en Europe et 2,5 GW dans le reste du monde.
Cinq chantiers prévus dans l'Hexagone

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Mars 2026
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En France, Fécamp mis à part, EDF Renouvelables travaille sur le chantier de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), que la société détient à 50 % avec le pétrolier canadien Enbridge. Il s'agit d'un parc éolien offshore de 78 km², composé de 80 éoliennes situées entre 12 et 20 km des côtes. D'une capacité de 480 MW, le parc représente un investissement de 2 milliards d'euros et mobilise plus d'un millier d'emplois. La construction a démarré en 2019, pour une mise en service prévue en 2022, pour vingt-cinq ans. Selon Bruno Bensasson, la crise sanitaire ne devrait pas avoir d'impact majeur sur le calendrier, seuls des "retards limités" sont à prévoir.
Trois autre projets éoliens en mer sont prévus dans l'Hexagone. Le parc de Courseulles-sur-Mer (Calvados) de 448 MW, détenu à 42,5 % par EDF Renouvelables, 42,5 % par Enbridge et 15 % par l'énergéticien européen Wpd, doit être mis en service en 2024. Celui de Dunkerque (Nord), de 600 MW, détenu à 40 % par EDF Renouvelables, 30 % par Enbridge et 30 % par l'entreprise énergétique allemande Innogy, devrait ouvrir d'ici à 2027. Enfin, le parc méditerranéen de Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône), de 25 MW, détenu à 50 % par EDF Renouvelables et Enbridge, doit être lancé en 2022. Tous ces projets doivent permettre la création de plus de 7 000 emplois directs et indirects et de trois usines General Electric et Siemens Gamesa pour la production des matériaux, ainsi que la mobilisation de plus de 1 750 entreprises dans l'Hexagone.
Fort de deux commandes fermes pour les parcs éoliens en mer de Saint Brieuc et de Fécamp, Siemens Gamesa Renewable Energy a ainsi débuté la construction de son usine d’éoliennes en mer au Havre (Seine-Maritime). L’usine produira sous le même toit des pales et des nacelles.
Des parcs déjà exploités en Europe
Ailleurs en Europe, EDF Renouvelables exploite en Angleterre les parcs de Teesside et Blyth, de 62 MW et 41,5 MW, depuis 2013 et 2017. L'entreprise est également présente en Belgique, via le parc de C-Power (325 MW depuis 2009) et en Allemagne, avec Bard Offshore 1 (400 MW, depuis 2015).
Et plusieurs autres projets sont en cours dans le reste du monde. EDF Renouvelables s'est ainsi associé avec le géant chinois de l'énergie China Shenhua Energy pour la construction du parc éolien offshore de Dongtai. D'une capacité de 502 MW, il doit être mis en service, théoriquement, en 2021. Tandis que sur la côte Est des États-Unis, le Français s'est allié à Shell New Energies pour le parc Atlantic Shores, d'une capacité de 2 GW, au large d'Atlantic City. Le projet devrait normalement être lancé au cours de l'année 2020.
EDF Renouvelables prospecte par ailleurs au Japon, en Inde et à Taïwan. Et ne compte pas investir, pour le moment, en Amérique Latine ainsi qu'en Afrique.



