A quoi vont servir les deux milliards d'euros d'investissement annoncés par Danone

A l'occasion de la présentation de ses résultats annuels, Danone a annoncé un nouveau plan d'investissement de deux milliards d'euros sur les trois prochaines années. Ces fonds serviront à soutenir la stratégie de croissance durable et responsable dans laquelle s'est engagée le groupe laitier.

Réservé aux abonnés
Emmanuel Faber
Emmanuel Faber a annoncé un nouveau plan d'investissement de 2 milliards d'euros sur trois ans.

Danone, qui a publié ce 26 février un chiffre d'affaires en hausse de 2,6% à 25,3 milliards d’euros, a annoncé un plan d'investissement de deux milliards d'euros sur les trois prochaines années. "Nous allons accélérer nos investissements pour l'action climat de nos marques et renforcer notre modèle de croissance" explique Emmanuel Faber, le PDG du groupe de produits laitiers.

Au programme: soutien à l'agriculture régénératrice, élaboration de nouvelles solutions d'emballage et multiplication du recours à la data et aux nouvelles technologies.

Financer l'agriculture régénératrice

La question de l'approvisionnement des usines est au coeur de la stratégie du groupe français qui, depuis 2018, s'est lancé dans le financement de l'agriculture régénératrice. Sorte de modèle hybride entre l'agriculture conventionnelle et le bio, l'agriculture régénératrice telle que définie par Danone repose sur trois axes: la protection des sols et de la biodiversité, le bien-être animal et l'accompagnement des agriculteurs vers ces nouveaux modes de production. 

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

En France, 40 millions d'euros ont déjà été investis pour accélérer la conversation des agriculteurs vers le modèle. Aux Etats-Unis, le groupe a financé, à hauteur de 70 millions d'euros, le passage de plus de la moitié de la production de fourrage aux "sans OGM". "Nous allons continuer nos efforts sur ces sujets", précise Emmanuel Faber sans pour autant donner le montant de l'investissement qui sera alloué à l'amont.

Un milliard pour l'emballage

Autre sujet sensible pour le géant laitier: la question des emballages. Près de la moitié des deux milliards d'euros annoncés seront consacrés au développement et à la recherche de nouvelles solutions. 

Le groupe s'est ainsi engagé à faire disparaître le polystyrène de l'ensemble de ses pots de yaourt en 2024 en Europe et en 2025 dans le monde. "Nous souhaitons nous orienter vers du PET, du rPET (polytéréphtalate d’éthylène recyclé) ou des matériaux biosourcés comme le papier carton ou le polymère à base de déchets de l'agriculture", explique son dirigeant. Sur le pôle eau, 100 % des bouteilles seront en rPET pour l'Europe en 2025 tandis que Volvic et Evian adopteront déjà ce packaging dès avril 2020. 

D'autres solutions comme la cannette en métal ou le verre sont également à l'étude. Au sein du fond d'investissement Danone Manifesto, qui soutient les start-up innovantes, 200 millions d'euros seront consacrés à l'étude de nouvelles solutions d'emballages.

En 2025, à l'issue de ce plan, Danone s'est fixé pour objectif que 95% de ses emballages plastiques soient recyclables et plus de 50% recyclés. "L'ensemble de ces efforts sera porté par notre marge" se défend d'ores et déjà le dirigeant. Les prévisions de cette dernière s'établissent à 15% contre 16% initialement. 

L'industriel n'a pas donné le détail de la répartition géographique des investissements mais a assuré que la France y aurait un rôle stratégique. "Le modèle agricole français présente beaucoup d'atouts et le pays est notre troisième marché derrière les Etats-Unis et la Chine" détaille Emmanuel Faber. "Notre effort financier sera en cohérence avec la place stratégique de la France dans notre portefeuille" a t-il ajouté.

Réduction de l'empreinte carbone

L'ensemble de ces décisions doivent permettre au groupe français de diminuer son empreinte carbone. "Nous nous sommes fixé d'être neutres en carbone sur l'ensemble de notre chaine à l'horizon 2050", rappelle Cécile Cabanis, la directrice financière de l'entreprise qui émet 27 millions de tonnes de CO2.

Le groupe a d'ailleurs pris la décision de convertir ses efforts en matière de réduction carbone en argent sonnant et trébuchant. "Nous avons pris la base de 35 euros la tonne de CO2" détaille Cécile Cabanis. Ainsi, le bénéfice net par action (BNPA) incluant le coût carbone en 2019 est en croissance de 12%, soit une augmentation plus rapide que le BNPA standard. "Nous sommes la première entreprise à prendre une telle décision. Cela permet à nos investisseurs d'intégrer l'extra-financier à nos résultats financiers", estime la directrice financière. 

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.