En 2018, Danone publiait son "Danone Act", un document dans lequel le groupe agroalimentaire se fixait, pour 2025, des objectifs en matière de transparence, de développement du bio et d'agriculture. "Notre but est d'être pionnier et d'accompagner la révolution du modèle agroalimentaire", explique Laurence Peyraut, secrétaire générale de Danone France.
La France est d'ailleurs au cœur de stratégie RSE. "En tant que pays d'origine de Danone, nous avons une responsabilité particulière vis-à-vis des objectifs du groupe", confirme la responsable. Sans attendre 2030, le groupe a dressé, ce 11 février 2020, un premier bilan de ses actions.
Nutri-score sur 70% des produits frais
Premier volet: celui de la transparence. "Il y a un vraie demande de la société sur ce front", explique Francois Eyraud, directeur général de Danone Produit Frais France. Pour y répondre, l'entreprise a décidé de mettre en ligne l'ensemble de ses recettes. "Les consommateurs peuvent retrouver l'ensemble des recettes et pourquoi nous utilisons tels ou tels ingrédients", confirme Laurence Peyraut.

- 1041.6+3.68
Février 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 455+7.18
Février 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 626.5+1.18
Février 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Le groupe s'est par ailleurs engagé à apposer le Nutri-Score. A l'heure actuelle, Danone affiche 70% de ses recettes déjà étiquetés. "Plus de 95% des produits dits du quotidien (type yaourts) affichent un score A ou B" se félicite par ailleurs François Eyraud. Le groupe confirme son intention d'étiqueter l'ensemble de ses recettes dans les années qui viennent au fil des changements de packaging.
Réduction du sucre et du sel dans les recettes
Pour atteindre ses bons résultats en terme de Nutri-score, Danone a accentué les reformulations de ses recettes. Résultat, l'entreprise a réduit le taux de sucre dans plus de la moitié des produits de son portefeuille. En 2020, ce sont 60% des produits qui devraient être concernés par les réductions. Le mouvement est particulièrement marqué chez Blédina. Selon l'entreprise, 80% de la gamme "coeur de repas" est désormais sans sel ni sucre ajouté. "D'ici à 2020, nous souhaitons que cela concerne l'ensemble de cette gamme", confirme François Eyraud.
Un effort est également fait sur le sujet des colorants et des arômes. L'entreprise s'est engagée à les supprimer de certaines de ses gammes. La question des additifs, quant à elle, reste encore en suspens. "Nous travaillons actuellement à la recherche et au développement d'alternatives, notamment sur la question de l'amidon, pour savoir comment nous en passer", précise Laurence Peyraut.
Leader du bio dans l'ultra-frais
Deuxième pilier de la feuille de route du géant laitier: le bio. L'entreprise, qui s'était fixée pour objectif que toutes ses marques pour enfants aient une offre bio d'ici à 2020, a déjà atteint son objectif. Au total, 11 gammes bio ont été lancées par Danone depuis 2018. De quoi recruter de nouveaux consommateurs.
Si le segment représente actuellement entre 5 et 6% du rayon ultra-frais, il affiche une croissance annuelle de 20%. Danone, qui n'a pas souhaité donner les détails de sa performance, explique toutefois qu'ils sont meilleurs que la tendance du marché. "Cela nous permet d'être leader du secteur du bio dans l'ultra-frais" remarque François Eyraud.
Pour résoudre la question de l'approvisionnement, Danone a entrepris d'accompagner les agriculteurs dans leur transition. 5% du chiffre d'affaires de la gamme "récoltes bio" de Blédina est consacré à la transition. "Actuellement, plus de 200 agriculteurs sont en phase de transition", explique le responsable.
La moitié des partenaires agricoles pratiquent l'agriculture régénératrice.
Au total, le groupe a consacré plus de 40 millions d'euros d'investissements pour pousser l'ensemble de son amont vers l'agriculture régénératrice. Sorte de modèle hybride entre l'agriculture conventionnelle et le bio, l'agriculture régénératrice telle que définie par Danone repose sur trois axes: la protection des sols et de la biodiversité, le bien-être animal et l'accompagnement des agriculteurs vers ces nouveaux modes de production. "A l'heure actuelle, nous avons déjà convaincu 1200 de nos 2000 partenaires agricoles", note Laurence Peyraut.
La question des emballages en suspens
Si Danone France est en avance sur les objectifs de sa feuille de route 2025, l'entreprise se heurte toutefois à la question des emballages.
Questionné, le groupe a reconnu des difficultés. "Nous nous sommes fixés jusque 2025 pour que l'ensemble de nos pots de yaourts soient en plastique renouvelable, renouvelé ou compostable", explique Laurence Peyraut qui précise que le groupe travaille actuellement avec Total et Saint Gobain à la construction d'une filière de recyclabilité. "Le recyclable ne fera pas dans la filière agroalimentaire", ajoute la responsable. En attendant, les dernières innovations de la marque comportent déjà 30% de PET recyclés, et "nous réfléchissons à des solutions à base de carton par exemple".



