A Lorient (Morbihan), c’est le grand ouf de soulagement pour les 2200 salariés de Naval Group qui fabriquent les navires de la Marine nationale. Ils ont appris qu’ils auront suffisamment de navires à assembler dans les années qui viennent pour éviter les suppressions d’emplois. Dans le rôle du sauveur : Florence Parly, la ministre des Armées. En déplacement ce 29 mars sur le site, elle a annoncé l’accélération du calendrier de livraison pour deux navires de la Marine nationale. Il s’agit des exemplaires n°2 et n°3 des nouvelles frégates de défense et d’intervention (FDI). Ces deux navires seront livrés avec deux années d’avance sur le calendrier initial, soit dans le courant de l’année 2025. Le premier exemplaire, en cours de construction, sera livré en 2024.
1 million d'heures de travail par frégate
"Sans cette avancée de livraison, Naval Group aurait dû adapter son effectif", reconnaît-t-on du côté du ministère des Armées. Quant aux deux dernières frégates de cette série de cinq bâtiments, leurs livraisons interviendront en 2028 et 2029. Avec leurs 125 marins, ces navires de haute mer fortement armés sont capables de réaliser des missions de lutte anti-aérienne, anti-sous-marine et anti-navires en fonction de leur configuration.
La fabrication d’un tel navire s’étale sur quatre ans et nécessite 1 million d’heures de chantier sur le site de Lorient. Au-delà de Lorient, c’est l’ensemble des sites de Naval Group qui bénéficiera de cette accélération du calendrier : Ollioules (Var) et Bagneux (Hauts-de-Seine) pour le système de combat, Angoulême-Ruelle (Charente) pour le système de conduite, Nantes-Indret (système de propulsion), et Nantes en Loire-Atlantique (éléments mécaniques de propulsion et grilles d’appontage), Saint-Tropez (Var) pour les systèmes de lancement de torpilles et de leurres…
Des prix plus compétitifs grâce à l'accélération des cadences
Lors de sa visite, Florence Parly pourra voir l’avancée de la construction du premier exemplaire des nouvelles frégates. La première découpe de tôle a eu lieu en fin d’année 2019 et le navire sera livré en 2024. Outre le soutien à Naval Group, le ministère souligne faire une double bonne affaire : d’une part, la Marine nationale disposera plus rapidement de nouveaux bâtiments et d’autre part, il les achètera à meilleur prix car Naval Group les fabriquera pour moins cher, en augmentant ses cadences de production. L’industriel est en effet capable de réduire à neuf mois l’intervalle entre deux livraisons, contre dix-huit mois selon le calendrier d’origine.
Cette agilité industrielle pourrait s’avérer utile en cas de commandes à l’exportation. Après la vente express de 18 Rafale à la Grèce l’an dernier, Paris négocie avec Athènes l’achat de quatre frégates. "L’activité du site de Lorient ne peut pas uniquement dépendre de la fabrication de navires pour la France. L’activité export est nécessaire à l’équilibre économique du site", rappelle-t-on du côté du ministère français des Armées. Actuellement, Naval Group y produit deux corvettes Gowind pour la marine des Emirats arabes unis.



