Carrosseries rayées, odeurs de peinture, souffle des aspirateurs… L’usine Renault de Flins (Yvelines) abrite désormais un garage de réparation géant. 11 000 mètres carrés dédiés au reconditionnement des véhicules d’occasion. Mardi 30 novembre, le constructeur automobile français a inauguré ce pôle qui fait partie des toutes nouvelles activités de sa « Refactory » en cours de déploiement dans les Yvelines. En surfant sur l'essor du marché de l’occasion, l’entreprise veut garantir un avenir rentable à son usine.
Opérationnel depuis septembre 2020, le centre a déjà reconditionné plus de 1 500 véhicules. Renault voit bien plus grand pour l’avenir. A l’horizon 2023, la « Factory VO » de Flins pourra remettre en état 180 véhicules d’occasion par jour, soit 45 000 véhicules par an. « Le marché de l’occasion est en pleine croissance. En particulier pour les véhicules de deux à cinq ans et sur l’électrique », observe Luca de Meo, directeur général de Renault.
8 jours pour reconditionner un véhicule
À l’extérieur des hangars, les voitures garées attendent d’être chouchoutées. On y repère des Clio, des Espace ou des Dacia Duster… « Ce sont des véhicules relativement récents, un an et demi à peu près. Mais nous allons vers des véhicules de plus en plus anciens », introduit Fabien Duclot, directeur du projet Factory VO.

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Pascal Guittet Les salariés de Flins réalisent un diagnostic de chaque véhicule sur 80 points de contrôle. Crédit : Pascal Guittet
Une règle de circulation s’impose. Pas de retour en arrière. Comme sur une ligne de production, les véhicules suivent un parcours précis : essais sur piste, passage à la station de lavage, diagnostic et remise en état dans le vaste hangar « process ». « La rénovation des véhicules d’occasion, ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est de le faire de manière industrielle », considère Fabien Duclot. Selon Renault, la Factory VO peut reconditionner un véhicule en 8 jours en moyenne, contre 21 dans le réseau traditionnel.
Smart repair et studio photo
Pour atteindre cette fluidité, Renault a mobilisé plusieurs technologies de ses usines d’assemblage. Lorsqu’un contrôleur termine le diagnostic d’une voiture, un logiciel commande automatiquement les pièces nécessaires à la réparation. L’entreprise mentionne également des applications de « smart repair » pour éviter de repeindre complètement les véhicules. « Dans les cabines à flux rapide, des cuissons infrarouge permettent de traiter des zones plus petites, d’aller plus vite et de consommer moins de produits », décrit Fabien Duclot.
En toute fin de ligne, après un lavage complet, les voitures reconditionnées passent par un studio où un scanner haute résolution génère automatiquement des prises de vue. « Conçu par le spécialiste Twinner, cet outil permet de remettre en vente le véhicule immédiatement, sans attendre son retour en concession », fait valoir Renault dans un communiqué.
photo Pascal Guittet Le lavage complet du véhicule mobilise deux personnes et dure 45 minutes. Crédit : Pascal Guittet
Le coût du reconditionnement peut atteindre 300 euros comme 3 000 euros par véhicule, selon Fabien Duclot. Pour le directeur, la Factory VO reste dans tous les cas plus compétitive qu’un réparateur classique. « Ici, tout est internalisé. C’est très rare qu’un garage de rénovation ait toutes les compétences. Ils sont obligés de sous-traiter plein de choses. Ils font une partie des opérations sur site et après ils envoient la voiture ailleurs », développe-t-il, en évoquant un meilleur rapport qualité-prix pour le consommateur.
3000 emplois en 2030
Dans les allées de l’usine, les dirigeants de Renault portent la même veste grise que les ouvriers. « Flins, ce n’est pas seulement une ligne de reconditionnement de voitures d’occasion », insiste Luca de Meo. La Refactory doit aussi intégrer un centre d’innovation pour l’industrie 4.0, des activités de réparation de batteries et un pôle dédié au recyclage de pièces automobiles. « Un projet d’offre de retrofit pour convertir les véhicules utilitaires à l’électrique sera également étudié d’ici 2023 », ajoute Renault.
Pascal Guittet Luca de Meo a lancé le plan Renaulution en janvier pour redresser le constructeur automobile français. Crédit : Pascal Guittet
Avec ces nouvelles activités, le groupe espère dégager 200 millions d’euros de chiffres d’affaires dès 2025… Puis un milliard d’euros en 2030. Pour rappel, le groupe avait enregistré un chiffre d’affaires de 43,5 milliards d’euros en 2020.
Inauguré en 1952, le site de Flins devrait arrêter ses activités d'assemblage en 2024 pour se consacrer à l'économie circulaire. En attendant, l'usine continue de fabriquer des Renault Zoe et des Nissan Micra. Côté emploi, les activités de la Refactory devraient mobiliser 700 personnes à la fin de l’année 2021, puis 3 000 à l’horizon 2030. Les syndicats restent vigilants sur cette promesse alors que le site regroupe 2450 contrats à durée indéterminée en comptant les salariés de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) qui vont rejoindre pour certains la Refactory.
photo Pascal Guittet Les concessionnaires restent propriétaires des véhicules reconditionnés à la Refactory de Flins. Crédit : Pascal Guittet
« Le sens de l’histoire »
Fier de la transformation de Flins, Renault compte exporter son modèle de Refactory à l’étranger. Début novembre, le constructeur avait annoncé un site similaire dans son usine de Séville en Espagne. D’autres projets sont-ils à l’étude ? « Nous allons d’abord essayer de réussir ces deux-là. C’est en bonne voie. Pour moi c’est le sens de l’histoire », répond Jean-Dominique Senard, président de Renault. De son côté, le directeur général du groupe mentionne de l'intérêt pour ces activités au Brésil.
Luca de Meo a aussi évoqué la possibilité de franchiser le modèle de la Factory VO pour d’autres acteurs. « Tout est digitalisé. Les concessionnaires peuvent utiliser nos outils. Nous pouvons les mettre en condition de baisser leurs coûts et d’augmenter leurs cadences. Je suis ouvert », a assuré le directeur général.



