C’est l’une des rares bonnes nouvelles ces derniers mois dans l’industrialisation de nouveaux procédés de chimie verte en France. Afyren Noeoxy, coentreprise entre la biotech industrielle clermontoise Afyren (51% des parts) et le fonds SPI de Bpifrance (49%), a annoncé le 17 juin avoir atteint le stade de production en continu pour sa première usine (75 salariés) implantée sur la plateforme de Carling, en Moselle. Dans un communiqué, la société décrit un «fonctionnement simultané de l’ensemble des étapes du procédé – depuis la fermentation jusqu’aux produits finis, de façon stable et répétée» et le «début de la montée en charge» de cette unité d’une capacité de 16000 tonnes par an d’acides biosourcés.
«C’est un changement de paradigme, nous devenons une société industrielle», se réjouit Nicolas Sordet. Le directeur général d’Afyren souligne que «c’est très difficile pour une société de biochimie de porter un procédé à l’échelle industrielle. Il faut tout créer, organiser, il faut aller chercher les compétences, nous avons beaucoup appris depuis deux ans et c’est désormais validé». Désormais, le programme porte sur «l’amélioration des conditions opératoires et la maîtrise de la production de toutes les molécules à pleine capacité».
Des contrats sécurisés d'Afyren Neoxy de plus de 165 millions d'euros
Sans équivalent dans le monde, cette usine d’Afyren Neoxy produit sept acides entièrement biosourcés, obtenus à partir d’un processus de fermentation de résidus de betteraves avec des micro-organismes non-OGM. Ces acides ciblent de vastes marchés, d’une valeur d’environ 13 milliards d’euros, comme la nutrition humaine et animale, les lubrifiants, les matériaux, les arômes et parfums, les ingrédients cosmétiques, ou encore les ingrédients pharmaceutiques. L’entreprise dispose déjà de contrats commerciaux solides, en France et en Europe, qui représentent des ventes potentielles de plus de 165 millions d’euros sur les prochains exercices annuels.
Financièrement, alors qu’Afyren Neoxy a dû ces derniers mois procéder à quelques levées de fonds pour soutenir son programme de développement industriel, la société prévoit un chiffre d’affaires significatif dès cette année, et table sur un Ebitda positif d’ici à quelques trimestres désormais. L’objectif sera aussi de passer de productions de plusieurs centaines à plusieurs milliers de tonnes dans les mois qui viennent, et d’atteindre dès que possible les capacités nominales de 16000 tonnes par an. Les objectifs à vitesse de croisière restent inchangés : générer 35 millions d’euros de chiffre d’affaires pour une marge d’Ebitda de 25%, lorsque que cette première usine tournera à pleine charge.
Afyren vise la construction de deux autres usines en France et Thaïlande
A plus longue échéance, Afyren cible un chiffre d’affaires de l’ordre de 150 millions d’euros par an pour une marge d’Ebitda de 30%, en s’appuyant sur de nouveaux déploiements industriels. L’entreprise projette toujours de mettre sur pied deux autres usines dans le monde, en particulier une seconde en France et une en Thaïlande. Le calendrier n’est pas encore confirmé mais Afyren espère avoir au moins deux usines en production d’ici à 2028.



