Chronique

A Bénifontaine, la Brasserie Castelain fête 35 ans de bière bio

Créée en 1926 et restée dans le giron de la famille depuis 1966, la Brasserie Castelain produit la gamme Jade depuis 1986. Ces bières aux matières issues de l’agriculture biologique bénéficient aujourd’hui de l’engouement affirmé des consommateurs pour le segment. Drinks stories, la chronique de Franck Stassi.

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Houblonnière, Brasserie Castelain, Bénifontaine, 26/04/19 (pas au format)
Il y a deux ans, une houblonnière expérimentale a été installée au pied de la brasserie.

A Bénifontaine (Pas-de-Calais), la bière estampillée biologique, qui intéresse aujourd’hui un nombre croissant de brasseurs, est loin d’être une nouveauté. Brasseries Castelain (48 personnes, 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020), qui va investir 2 millions d’euros dans son outil de production malgré la crise, a lancé Jade, la première bière bio française, en 1986. “Il n’y a pas eu que des années simples pour Jade, mais le développement des magasins bio a été un beau relais, se réjouit Nicolas Castelain, directeur général. Une brasserie est une entreprise qui transforme des matières agricoles; elle doit donc faire attention à son environnement.”

“A l’époque, la production biologique d’une partie des matières agricoles était déjà disponible, mais essentiellement en Allemagne, où il y avait une vision plus développée qu’en France”, poursuit le chef d’entreprise. Son père avait commencé par l’acquisition d’un lot d’orge bio de l’Oise, malté à façon dans une entreprise proche de la brasserie. Près de 50% de l’orge bio provient aujourd’hui de France. Pour le houblon, c'est plus compliqué: seulement 5% du houblon issu de l’agriculture biologique employé par la Brasserie Castelain est français. L’un des fournisseurs historiques de houblons continue à approvisionner la brasserie. La houblonnière de la Noye, à Chaussoy-Épagny (Somme), complète cet approvisionnement. 

“Aujourd’hui, l’arrivée des grands brasseurs sur ce marché fait que la demande se tend. La matière est quasiment cooptée dès le démarrage. C’est moins tendu sur le malt que par le passé; c’est toujours compliqué sur le houblon, une plante sensible. J’aimerais avoir une filière bio plus développée dans les Hauts-de-France, pour valoriser en circuits courts notre agriculture. Cela prend du temps. Il y a des questions de conviction, de temps nécessaire à la reconversion des terres agricoles en bio…”, expose Nicolas Castelain. Après une première tentative avortée en 1985, une houblonnière bio expérimentale de 300 pieds a été créée en 2019 au pied des locaux de l’entreprise, pour une récolte prévue cette année. 

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25% de la production de la brasserie est aujourd’hui dédiée à la bière bio. Grâce à ses clients, Brasserie Castelain a découvert, pour assurer l’avenir de Jade, de nouveaux marchés tels que l’Italie et le Japon, qui ont fortement contribué à son développement jusqu’aux années 2005-2006, où le bio en France a commencé à prendre davantage d’importance. Des références aromatisées devraient soutenir la gamme (en rayons au printemps prochain), après une salve de plusieurs nouveautés depuis 2013 (ambrée, sans gluten, blanche, sans alcool). “La bière va participer, avec ou sans alcool, à un beau moment d’émotions”, estime Nicolas Castelain.

L’entreprise, également connue pour sa marque Ch’ti, n’entend pas délaisser le suivi des nouvelles tendances de consommation. Cinq ans après le lancement d’une IPA, de nouvelles références “plus houblonnées” de ses bières (Jade avait eu droit à sa recette dès 2018) doivent être lancées cette année. “Ce qui nous fait plaisir, c’est que le consommateur redécouvre la bière dans sa globalité. Cela redonne de la stimulation aux brasseurs”, observe Nicolas Castelain.

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