Le marché des semi-conducteurs est en train de subir un net ralentissement, avec une croissance révisée à la baisse à 4,4% en 2022, suivie d’un recul de 4,1% en 2023, selon les dernières prévisions de WSTS, le cabinet de statistiques de la profession. Mais cette dégradation conjoncturelle n’entame en rien la confiance à long terme de cette industrie. Profitant des incitations gouvernementales visant aux quatre coins du monde à soutenir la production locale et à sécuriser la chaîne logistique, les fabricants de puces multiplient partout les projets d’expansion de leurs capacités de production.
Selon un rapport de SEMI, le syndicat professionnel des équipements de semi-conducteurs, la construction de 84 nouvelles usines de puces dans le monde devrait avoir été lancée entre 2021 et 2023. Ces implantations s’ajouteraient aux 34 nouvelles usines déjà mises en chantier en 2019 et 2020. Les 84 projets à lancer entre 2021 et 2023 représenteraient un investissement total de plus de 500 milliards de dollars jusqu’en 2024, près du chiffre d’affaires annuel de cette industrie.
La Chine remporte la majorité des projets
Si le marché peut connaître des à-coups conjoncturels, la demande reste en forte augmentation sur le long terme du fait de trois tendances lourdes : numérisation, électrification et décarbonation de la société. Selon le cabinet McKinsey, ce développement devrait doubler le marché à l’horizon 2030 par rapport à 2021, le faisant dépasser le seuil de 1 000 milliards de dollars.
La Chine devrait remporter la majorité de ces nouveaux projets, avec 20 usines mises en chantier entre 2021 et 2023. Elle serait suivie par l’Amérique avec 18 nouvelles usines, l’Europe et le Moyen-Orient avec 17 nouvelles usines, Taïwan avec 14 nouvelles usines et le Japon avec 6 nouvelles usines. Le nombre élevé de projets aux Etats-Unis et en Europe est attribué par SEMI aux généreuses incitations financières dans ces deux régions.
En Europe, parmi les projets de site des production, dont la construction devrait débuter pendant cette période, figurent celui d’Intel à Magdebourg, en Allemagne (17 milliards d’euros), celui de STMicroelectronics et GlobalFoundries à Crolles, en France (5,7 milliards d’euros) et celui d’Infineon Technologies à Dresde, en Allemagne (5 milliards de dollars).




