2024, année de prise de conscience des dangers (éternels) des PFAS

[Dans l'actu en 2024, à suivre en 2025] Les PFAS font parler d'eux depuis longtemps, et continueront sans doute à le faire. Mais l'année 2024 a été riche en évènements législatifs, judiciaires et médiatiques les concernant. Retour sur une affaire de santé publique historique.

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Poêle
Initialement prévue dans la loi PFAS, l'interdiction des poêles antiadhésives a été retirée suite à la mobilisation du groupe Seb et de ses salariés.

Elles sont encore là pour durer. Les substances per et polyfluoroalkylées, ou PFAS, sont une famille de molécules omniprésentes dans l’industrie depuis les années 1930, qui ont vu naître le PTFE, plus connu sous son nom commercial, le Teflon. Saluées au départ pour leur stabilité exceptionnelle, elles font l’objet de vives critiques depuis plusieurs années pour leurs effets adverses sur la santé – certaines de ces molécules seraient cancérogènes – et leur persistance dans l’environnement, comme dans l’eau potable de 160000 habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Si cette famille, dont l’étendue varie énormément selon les définitions – allant jusqu’à 7 millions de membres selon la société américaine de chimie –, a déjà fait couler son lot d’encre par le passé, l’année 2024 a été une année charnière pour elle. Sur le plan législatif, déjà, puisque la première proposition de loi consacrée au sujet a été déposée en avril par le député EELV Nicolas Thierry. La proposition visait à interdire toutes les molécules de cette famille dans les produits de grande consommation, comme le textile, les cosmétiques, ou encore le matériel de cuisine.

Des poêles aux rouges à lèvres

"Touche pas à mes poêles", a répondu en avril le groupe Seb. La direction du fabricant d’électroménager s’était déplacée à l’Assemblée nationale, main dans la main avec... 300 de ses salariés, pour protester contre la loi. Ils ont fini par obtenir gain de cause, la loi ne faisant plus mention des poêles antiadhésives. Depuis, le Sénat a adopté la loi en première lecture, et le texte attend d’être examiné par l’Assemblée nationale en deuxième lecture depuis le mois de mai, le marasme politique n’aidant pas.

Les PFAS ont également fait réagir en octobre, quand un article du média indépendant Vert pointait du doigt la quantité non-négligeable de ces fameuses molécules dans plusieurs produits cosmétiques. Une enquête de L’Usine Nouvelle montrait que cette industrie fait plutôt partie des «bons élèves», et que les produits de bien-être et de beauté ne devraient plus contenir de PFAS d’ici fin 2025. Mais quid des industries qui ne font pas partie des secteurs de consommation, comme l’aéronautique et les pesticides ? Celles-ci pourraient bien être concernées par une proposition de restriction globale déposée en 2023 par le Danemark, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas et l’Allemagne. Celle-ci est actuellement à l’étude par l’Agence européenne des produits chimiques.

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