«Sobriété nom féminin. 1. Comportement d'une personne sobre. 2. Modération, réserve (dans un domaine quelconque)». Cette définition, tirée du dictionnaire Le Robert, ne date pas d’hier. Mais le mot qu’elle décrit vient à peine de pénétrer l’espace public. Un peu à la manière du mot «résilience», qui a émergé lors de l’épidémie sanitaire de Covid-19, le terme de «sobriété» est devenu, en l’espace de quelques mois seulement, un incontournable. La raison de son apparition ne relève évidemment pas cette fois d'enjeux de santé.
Elle tient en premier lieu à la crise climatique majeure qui touche la planète, ainsi qu'aux difficultés énergétiques qu’affrontent les pays occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe en février 2022 - et à l’effet de cette guerre sur l’envolée des prix du gaz naturel. Une situation exacerbée dans l’Hexagone par un parc nucléaire en maintenance et touché par des problèmes de corrosion, ainsi que par un déficit hydraulique important.
Limiter l'impact des activités humaines sur l'environnement
Face à cet effet domino qui pèse sur les prix, pousse l’inflation et grignote les marges des entreprises, la sobriété s’impose et devient de fait le nouvel horizon d’une Europe aujourd’hui menacée de récession, qui souhaite consommer moins et surtout mieux. Une ambition de longue haleine, qu’il est toutefois nécessaire d’embrasser dans les plus brefs délais. Si des énergéticiens ont appelé de leurs vœux au début de l’été «une sobriété d'urgence face à la flambée des prix de l'énergie», il est plus que probable que celle-ci doivent s’installer dans la durée dans la mesure où il est nécessaire de consommer durablement moins et autrement. La France n’a plus le choix, en pleine transition écologique et énergétique, qui va obliger à repenser les systèmes énergétiques mondiaux pour limiter l'impact de nos activités sur l'environnement.
En raison de la pression à laquelle est promis le système électrique français en début d’année 2023, le gouvernement d’Elisabeth Borne semble avoir pris conscience de l’urgence. Il a dévoilé début octobre un plan de sobriété qui vise une réduction de 10% des consommations d’énergie en deux ans au niveau national. Pour tenir cet objectif, 15 mesures génériques ont été édictées pour les entreprises. Les secteurs du numérique et des télécoms, mais également les transports se trouvent en première ligne. De manière générale, les industriels, à la peine pour renouveler leurs contrats d’énergie, se creusent les méninges pour trouver des bonnes idées basse conso… sans modération.



