Etude

1500 GW d'énergie renouvelable attendent d'être raccordés au réseau électrique mondial

Plus de 1500 gigawatts (GW) de projets d'énergie renouvelable attendent d'être raccordés au réseau électrique dans le monde, pointe l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans une étude publiée mardi 17 octobre. En cause, un manque criant d'investissement et un cadre réglementaire souvent inadapté.

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Réseau électrique
L'investissement annuel dans les réseaux électriques au sein des économies avancées doit augmenter de 70% entre 2023 et 2030, selon l'étude de l'AIE.

Nouveau coup de tocsin pour les réseaux électriques. Au moins 3 000 gigawatts (GW) de projets d'énergie renouvelable, dont 1 500 GW à un stade avancé, sont en attente de raccordement au réseau dans le monde, estime une étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) parue mardi 17 octobre. Le manque à gagner équivaut à cinq fois la capacité solaire photovoltaïque et éolienne créée en 2022 sur le globe. «L’éolien et le solaire se sont développés à une telle vitesse que le réseau mondial d’électricité mondial ne suit plus. C’est un problème auquel nous n’étions pas confrontés dix ans plus tôt et qui concerne tous les continents», explique Pablo Hevia-Koch, qui a dirigé la publication du rapport.

Au banc des coupables, le retard des investissements mondiaux dans les réseaux d’électricité. Ceux-ci ont stagné à environ 300 milliards de dollars par an depuis 2010, tandis que le montant des financements consacrés aux renouvelables ont, eux, presque doublé sur la période – portés notamment par la forte baisse de leurs coûts. Facteur aggravant, l’écart des investissements est concomitant à l’accélération des calendriers de projets d’énergies renouvelables (EnR). Désormais, il faut compter entre un et cinq ans pour qu’une infrastructure d’EnR sorte de terre, soit cinq fois moins qu’une infrastructure électrique. L’écart est encore plus important avec les nouvelles recharges de véhicules électriques, dont le temps de mise en place passe sous la barre des deux ans.

Agrandir et rénover le réseau

Dans son «scénario des engagements annoncés» - dans lequel le réseau électrique absorbe l’ensemble des énergies renouvelables nécessaires aux engagements climatiques des pays – la planète doit remettre à neuf et construire 80 millions de kilomètres du réseau mondial d’électricité d’ici 2050, soit l’équivalent de sa taille actuelle. L’Union européenne, qui jouit pourtant du delta le plus faible, doit agrandir son réseau de près de 40% d’ici 2050, passant de 10,8 millions à 14,9 millions de kilomètres. Pour ce faire, les gouvernements devront mettre la main à la poche : les investissements annuels mondiaux dans les réseaux doivent doubler d'ici à 2030 pour atteindre plus de 600 milliards de dollars.

Signe positif, la Commission de l'Union européenne planche sur le plan REPowerEU, qui pourrait mobiliser 29 milliards euros d’investissement supplémentaires d’ici 2030 pour le réseau électrique européen. Un petit pas, alors que le rapport recommande un investissement annuel mondial de 600 milliards de dollars d'ici 2030 - le double de son volume actuel.

En Europe, un contrat réglementaire trop lourd

Surtout, le Vieux continent est englué dans un cadre réglementaire trop lourd pour les ambitions des Accords de Paris sur le climat. «La production des énergies renouvelables est de plus en plus décentralisées. Pour accélérer le déploiement des sites EnR, il est nécessaire que le cadre réglementaire soit plus flexible», fustige Pablo Hevia-Koch. Rien qu’en France, il faudra raccorder 1 million de sites de production EnR en plus d’ici à 2028, qui s’ajouteront aux 725 000 sites déjà reliés au réseau. Les Vingt-Sept se sont dotés d’une version révisée du Règlement sur les réseaux transeuropéens d’énergie (RTE-T). Entrée en vigueur en 2022, elle vise à accélérer la procédure d’octroi de permis sur des corridors prioritaires identifiés.

Le rapport pointe également le besoin de créer des viviers de talents, dotés de compétences numériques fortes. Un point qui fait écho à l’annonce du lancement des «écoles des réseaux pour la transition énergétique» par Enedis et RTE en mars dernier et qui ont touché 120 classes réparties dans 40 lycées à travers l’Hexagone à la rentrée 2023. La filière espère subvenir ainsi à ses besoins de main d'œuvre, qui atteindraient 8 300 emplois à pourvoir chaque année. Il reste du pain sur la planche pour les gestionnaires de réseau électrique.

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