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Wandercraft lève des fonds et s'associe avec Renault pour «introduire la robotique humanoïde dans l'usine»

Quelques jours après l'annonce d'une prise de participation minoritaire de Renault à son capital, la deeptech française conceptrice d’exosquelettes robotisés Wandercraft annonce mercredi 11 juin une levée de fonds de 75 millions de dollars (environ 66 millions d'euros). Elle doit notamment permettre de développer avec le constructeur un premier prototype de robot industriel humanoïde, actuellement en test dans une de ses usines.

 

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Le prototype du robot Calvin développé par Wandercraft pour Renault
Le prototype du robot Calvin développé par Wandercraft.

Sans tête, mais avec deux bras et deux jambes. Le robot Calvin-40, développé par la start-up française Wandercraft pour le groupe Renault, se rapproche de la forme humaine. Il est actuellement testé dans une usine du constructeur, qui a annoncé le 6 juin sa participation minoritaire au sein de l’entreprise, à l'origine positionnée sur la conception d'exosquelettes robotisés pour les personnes à mobilité réduite. L’objectif, pour les deux partenaires : développer une famille de robots de nouvelle génération, basés sur la technologie de la start-up et destinés en premier lieu aux opérations de production de Renault. Pour soutenir ce déploiement, Wandercraft annonce ce 11 juin une levée de fonds de 75 millions de dollars (environ 66 millions d'euros).

Des robots pour remplacer le port de charges lourdes ou les tâches répétitives

L’idée pour Renault Group, qui ne communique pas le montant de sa participation : mettre à profit son expertise industrielle pour faire passer à l’échelle la production d’exosquelettes et de robots de Wandercraft. Et ouvrir ainsi à la pépite tricolore de nouvelles opportunités commerciales dans le domaine de la robotique. «La plate-forme robotique de Wandercraft est la plus avancée que nous ayons trouvée – et elle est conçue pour le monde réel, déclare Thierry Charvet, directeur de l'industrie et de la qualité du groupe Renault, dans un communiqué de presse. Avec Calvin-40, nous nous associons pour introduire la robotique humanoïde dans l'usine, en commençant par les tâches très contraignantes et non ergonomiques.»

«Depuis quatre ans, nous cherchions à développer un robot humanoïde industriel nous permettant de mettre à profit les technologies que nous développons au cours des douze dernières années pour nos exosquelettes robotisés. Il nous manquait juste un partenaire industriel que nous avons trouvé avec Renault et qui nous a permis de réaliser un premier prototype de Calvin-40 en 40 jours», raconte Jean-Louis Constanza, cofondateur de la start-up qui a créé Eve, un exosquelette personnel auto-stabilisé, destiné à la marche en milieu urbain des personnes à mobilité très réduite, actuellement en cours de validation auprès de la FDA. Avec sa nouvelle levée de fonds, Wandercraft espère amener Eve sur le marché dès 2026.

Une vidéo partagée par Jean-Louis Constanza sur Youtube montre Calvin-40 soulever des palettes avec ses mains robotisées et les transporter sur une étagère. «Calvin-40 marche depuis un mois et commence à effectuer quelques tâches, assure Jean-Louis Constanza. D’ici la fin de l’année, il sera opérationnel sur plusieurs cas d’usage.» Les tâches à effectuer pourront être programmées, ou se faire par commande vocale.

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Une alternative aux robots chinois

Mais l’objectif est aussi de l’intégrer aux lignes de production. Et d’offrir ainsi une alternative tricolore aux robots humanoïdes chinois. Car plusieurs centaines d’exemplaires du Walker S1, développé par l’entreprise robotique UBTech, sont déjà testés chez  BYD, Dongfeng Motor, FAW-Volkswagen, ou encore Apple. Côté américain, Elon Musk a présenté en 2021 Optimus, qu’il annonce vouloir largement déployer en 2025. Pour l’heure toutefois, aucune solution n’a gagné massivement les usines, les capacités limitées de port de charge, de préhension et la lenteur de déplacement des robots humanoïde restant un frein.

En tout cas, assure Jean-Louis Constanza, «nos technologies sont au niveau de ce que font les Américains et les Chinois. Côté coûts, ce qui coûte cher ce sont les moteurs et les aimants – Renault fabrique ses propres moteurs électriques, donc c’est un atout pour nous». Outre l’industrie, l’ingénieur qui met également en avant les enjeux de souveraineté, vise aussi avec ce nouveau robot les personnes à mobilité réduite. 

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