Voici SmartEEs, l’association qui veut aider les entreprises à innover par l’électronique souple

L’association SmartEEs est créée pour prendre le relais du projet européen éponyme. Mission : accompagner ETI, PME et start-up dans l’innovation par l’intégration dans leurs produits de l’électronique souple et portable. Elle débutera son activité en 2023.

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Woodoo interface tactile en bois translucide
Interface tactile en bois de Woodoo développée dans le cadre du projet européen SmartEEs.

Vous connaissez l’association Jessica et sa déclinaison Cap’Tronic en France de soutien des PME et start-up à l’innovation par l’intégration dans leurs produits de l’électronique et du logiciel embarqué ? Voici l’European Flexible and Wearable Electronics Association, ou en abrégé SmartEEs. Cette association européenne à but non lucratif de droit belge a été créée en juin 2021 pour prendre le relais de façon pérenne au projet européen SmartEEs (Smart emerging electronics services), dont la deuxième phase se termine à la fin de 2022. Elle est présidée par Jérôme Gavillet, coordonnateur du projet au sein du CEA-Liten, le Laboratoire d'Innovation pour les Technologies des Energies nouvelles et les Nanomatériaux du CEA à Grenoble.

Lancé en 2017 dans le cadre du programme communautaire de recherche et développement Horizon 2020, SmartEEs vise à accélérer la transition numérique des ETI, PME et start-up européennes par l’intégration dans leurs produits de l’électronique souple et portable. La deuxième phase associe 14 organismes de recherche et technologie de neuf pays européens, dont le CEA-Liten pour la France, l’Imec pour la Belgique, l’Institut Fraunhofer pour l’Allemagne, le VTT pour la Finlande et le TNO pour les Pays-Bas. C’est en combinant l’expertise technique de ces partenaires et le financement européen qu’il apporte son soutien.

Jusqu'au prototype

«Nous apportons un accompagnement clé en main jusqu’à la réalisation du prototype, explique à L’Usine Nouvelle Jérôme Gavillet. Sur un projet qui coûte 150 000 euros, le financement européen couvre 100 000 euros. Dans les secteurs d’applications comme la santé, l’habillement, le sport ou l’Internet des objets, les entreprises n’ont pas nécessairement les compétences ni les moyens financiers nécessaires. Le but du projet est de lever les barrières techniques et financières pour favoriser la commercialisation de produits innovants à électronique souple et portable en Europe.»

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La première phase de SmartEEs a bénéficié à 20 projets européens, dont trois de PME françaises : Uwinloc à Toulouse spécialisée dans les solutions de géolocalisation en intérieur, Woodoo à Paris spécialisée dans les matériaux à faible empreinte carbone, et La manufacture à Félix, à Boueilh-Boueilho-Lasque (Pyrénées-Atlantiques) spécialisée dans les skis en bois. Woodoo a par exemple développé une interface tactile en bois translucide, alternative économique aux interfaces traditionnelles en plastique ou métal. Sur les 20 projets accompagnés, 19 se sont concrétisés par des prototypes. «Les plus aboutis d’entre eux sont à deux / trois ans de la commercialisation, estime Jérôme Gavillet.  Ils ont besoin d’un travail sur la fabrication en volume et la mise à l’échelle pour passer au marché.»

La deuxième phase de SmartEEs a retenu 44 projets. Parmi les prototypes qui devraient être réalisés figurent une étiquette d’affichage dynamique de prix pour des produits de luxe et un dispositif de réhabilitation physique du poignet. «Beaucoup des PME participantes ne sont pas techniques, précise Jérôme Gavillet. Elles sont venues d’elles-mêmes vers nous.»

Heure de vérité en 2023

L’association SmartEEs, qui réunit la plupart des partenaires de recherche et technologie du projet européen, est désormais prête à fournir ses services. La Commission européenne lui a accordé une dotation d’amorçage de 120 000 euros. De quoi construire son site Web, mettre en place une place de marché et se faire connaître. Mais l’heure de vérité est pour 2023. Elle devra alors trouver les moyens de vivre de façon autonome, sans financement européen. «Notre modèle d’exploitation et de services reste à déterminer, confie Jérôme Gavillet. Une source de revenu consiste à prélever une commission sur les ventes de services et produits sur notre place de marché. Pour financer les projets que nous accompagnons, nous irons chercher des financements à travers des montages européens. Nous pensons fonctionner comme l'ANR, agence nationale de recherche.»

L’association devra coordonner son travail avec celui de l’OE-A (Organic and Printed Electronics Association), la puissante association des l’industriels de l’électronique organique et imprimée, basée à Francfort, en Allemagne. Si elle vise en priorité les ETI, PME et start-up, Jérôme Gavillet ne s’interdit pas de collaborer aussi avec de grands groupes intéressés par l’électronique souple comme Ikea ou Adidas.

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