En septembre et octobre, avant le deuxième confinement, notre directrice de la rédaction Christine Kerdellant a sollicité la vision de chefs d’entreprises, de syndicalistes, d’économistes, d’experts pour sauver l’industrie. Des mesures pour affronter la crise actuelle comme pour rebondir sur le long terme.
Plus de 33 personnalités ont répondu à cet appel, de Guillaume Faury le patron d’Airbus, en passant par Marylise Léon, la secrétaire général adjointe de la CFDT, l’économiste Patrick Artus ou encore, Sylvie Jéhanno, PDG de Dalkia, Pascal Portelli, dirigeant de l’ETI Deltadore ou l’ancien ministre Arnaud Montebourg. Chacun a fait des propositions et ces 33 tribunes ont été regroupées sous une dizaine de familles soumises au vote de nos lecteurs. Près de 500 d'entre eux se sont prononcés pour une ou plusieurs réponses.
Les résultats sont intéressants.
Premier enseignement, aucune proposition ne recueille une majorité écrasante de votes ce qui signifie que le problème de la redynamisation du tissu industriel n’est pas mono factoriel et n’appelle pas une réponse unique. Les cinq propositions qui ont rencontré le plus de succès sont dans l’ordre (et à un niveau à peu près équivalent) : Financer massivement les relocalisations (30,9%), Réduire les taxes de production (28,2%), Prendre un virage éco-responsable (28,2%), Susciter des vocations et développer les compétences (26,6%), Développer l’économie circulaire (22,3%).

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10 Avril 2026
Livre sterling (GBP) - quotidien£ GBP/€
Deuxième constat : le sujet de la fiscalité de production s’il est important (de nombreuses tribunes portaient sur ce sujet) n’est pas le premier cité. Il est dépassé d’une courte tête par le sujet de l’investissement dans le système productif industriel. Il faut financer la relocalisation que ce soit par des plans de soutien public ou une mobilisation du secteur privé. Et nul doute que la baisse de la pression fiscale aidera aussi les entreprises à mener ce chantier.
Troisième constat : la transition écologique et la responsabilité sociale sont au cœur des préoccupations puisque sur les cinq propositions les plus essentielles, deux ressortent de cet impératif ("prendre un virage éco-responsable" et "développer l’économie circulaire"). C’est une bonne nouvelle que les aspirations des industriels rencontrent l’orientation verte du plan de relance. Une cohérence se dessine sur l’ambition de l’industrie française.
Quatrième constat : le sujet des hommes et des femmes et de leurs compétences sont aussi sur le haut de la pile. Rien ne se passera sans une main d’œuvre motivée à relever les défis de l’industrie et il y a toujours un combat culturel à mener auprès des jeunes et des familles. Au-delà, il faut relancer des filières de formation en déshérence et reconvertir la matière grise vers les secteurs porteurs.
Enfin, on peut noter que nos lecteurs ont aussi souligné l'intérêt d'une proposition qui vise à retrouver le goût du risque. Une aspiration plus motivante que celle qui consiste à réduire les coûts. Qui a présidé à tant de délocalisations.



