Le retour du fret ferroviaire passera-t-il par le train autonome ? Mercredi 16 décembre, la SNCF a annoncé avoir fait circuler pour la première fois une locomotive en autonomie partielle. Le groupe français décrit cet essai comme une étape clef pour son projet de train de marchandises sans conducteur.
Un consortium lancé en 2018
Piloté fin octobre, le test s’est déroulé en conditions réelles sur le réseau ferré national, entre Longwy et Longuyon, deux communes séparées d’une quinzaine de kilomètres en Meurthe-et-Moselle. La SNCF parle d’un train semi-autonome puisqu’un conducteur surveillait tout de même le bon déroulement des opérations à bord.
La SNCF a utilisé une locomotive électrique Prima BB 27000 pour cette expérience. Pendant deux mois, les équipes d’Alstom à l’atelier de Belfort (Territoire de Belfort) ont transformé la machine motrice en numérisant ses commandes et en lui ajoutant des capteurs, des ordinateurs et des centaines de câbles.

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Outre Alstom et la SNCF, le consortium lancé en 2018 compte la société d’ingénierie Altran, Apsys (une filiale d'Airbus spécialisée dans la cybersécurité), l’institut de recherche technologique Railenium et enfin Hitachi Rail. Leur objectif : dévoiler un prototype de train de fret autonome en 2023.
Plusieurs défis technologiques
Le court voyage a permis de tester des fonctions d’accélération et de freinage 100 % automatisées. Ici, la ligne était équipée du système de signalisation européenne ERTMS. Prochaine étape : faire circuler un train semi-autonome fin 2021 sur une ligne à signalisation latérale, une infrastructure plus ancienne et utilisée sur la grande majorité du réseau hors lignes à grande vitesse. “Douze sessions d’essais sont programmées et devront permettre d’ajouter progressivement les fonctions nécessaires pour augmenter le niveau d’autonomie”, indique la SNCF dans un communiqué.
Reconnaître et observer avec vigilance la signalisation fait partie des principales compétences des conducteurs de train. Elle représente une capacité de lecture difficile à automatiser. Autre défi pour les trains autonomes : détecter les obstacles qui peuvent surgir rapidement dans le champ de vision de la locomotive. En septembre, la SNCF avait déjà mené des tests au centre d’essai d’Alstom de Bar-le-Duc (Meuse) avec des vaches en mousse, des silhouettes d’êtres humains ou encore des rochers factices (voir vidéo ci-dessous).
Un autre projet de train drone
En parallèle de ce projet, la SNCF travaille avec un autre consortium composé notamment de Bombardier et Thales. Il s’agit ici d’expérimenter les trains autonomes pour transporter des voyageurs. Un troisième projet portant sur la téléconduite est en cours de développement. En juillet 2019, la SNCF avait testé un "train-drone" piloté à distance.
La SNCF a déjà investi 57 millions d’euros dans ces travaux sur le train autonome. À terme, elle espère que ces technologies permettront d’améliorer la ponctualité des trains et de réduire leur consommation d’énergie.



