Trump, le come-back qui inquiète l’industrie européenne

Pour son second mandat, qui débute ce lundi 20 janvier, Donald Trump promet d'importantes mesures protectionnistes pour garantir la compétitivité de l'industrie américaine. Une menace que tempèrent les analystes interrogés qui mettent en avant le risque d'une forte inflation que le président ne peut faire accepter à son électorat.

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Donald débute un nouveau mandat de 4 ans.

Que va faire Donald Trump au cours de son deuxième mandat qui commence ce lundi 20 janvier ? Lors de son premier passage à la Maison-Blanche, de 2017 à 2021, le président américain avait imposé des droits de douane sur 300 milliards de dollars d’importations chinoises et ouvert des conflits commerciaux avec ses partenaires européens en surtaxant leurs importations d’aluminium, d’acier, mais aussi de cognac et d’avions Airbus. La potion s’annonce encore plus amère.

Lors de sa campagne, le candidat républicain a promis de porter à 10% les droits de douane sur tous les produits importés aux États-Unis. Pour la Chine, les tarifs douaniers monteraient même à 60% sur l’ensemble de ses exportations américaines. «Cela représenterait de cinq à sept fois les montants concernés par la première guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine», calcule Marcos Carias, économiste Amérique du Nord pour l’assureur-crédit Coface.

De quoi mettre sur les nerfs les Français, qui écoulent environ 8% de leurs exportations outre-Atlantique. En cas de droits de douane à 10%, «l’effet avoisinerait 0,8 à 0,9 point de PIB pour l’Union européenne», calcule l’économiste d’Allianz Trade Maxime Darmet, qui estime plus probable que la future administration américaine n’adopte qu’une partie des promesses de Donald Trump. Car cette politique risque surtout de faire flamber l’inflation, faute de pouvoir rapatrier rapidement des usines aux États-Unis. Idem pour le projet d’expulser 8 millions de travailleurs illégaux, dans un marché du travail déjà sous tension.

«Le vote Trump a été un vote anti-inflationniste»

«Le vote Trump a été un vote anti-inflationniste», rappelle Iwan Streichenberger, un entrepreneur français implanté à Atlanta qui préside le réseau des Conseillers du commerce extérieur de la France pour le sud-est des États-Unis. Pour le dirigeant, le marché américain reste un eldorado. «Même si la hausse des coûts d’importation réduit un peu la demande, cela ne doit pas décourager les entreprises françaises», juge-t-il.

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En parallèle des hausses de droits de douane, Donald Trump promet de nouvelles baisses d’impôt massives, à hauteur de 3% du PIB. Déjà réduit sous son premier mandat à 21%, l’impôt sur les sociétés pourrait passer à 15% et les heures supplémentaires être défiscalisées. À l’heure où l’Europe voit sa croissance s’essouffler, cela aurait pour effet de mettre à nouveau l’économie américaine en surrégime et d’accroître le différentiel de croissance entre les deux rives de l’Atlantique.

Sur le climat, le président américain s’est engagé à sortir de l’accord de Paris dès sa prise de fonction, le 20 janvier, et à reprendre les investissements dans de nouveaux terminaux de liquéfaction de gaz. Revenir sur l’Inflation reduction act ne sera pas si simple. Malgré le soutien que lui a apporté Elon Musk, Donald Trump n’écarte pas l’arrêt des crédits d’impôt sur les véhicules électriques. Mais des élus républicains sont déjà montés au créneau pour défendre les subventions aux usines de technologies vertes, majoritairement implantées dans des États pro-Trump. «Aux États-Unis, la transition énergétique a toujours été le fait du secteur privé», veut croire Maxime Darmet.

Enfin la semaine passée, Donald Trump ne s'est pas privé de tirer à boulets rouges sur l'éolien qu'il juge inutile. «[C'est] un désastre économique et environnemental. Je ne veux pas que l'on en construise une seule pendant mon mandat», a déclaré l'homme d'affaires. Une menace qui n'inquiètent pas les acteurs du secteur interrogés par L'Usine Nouvelle, qui soulignent que le gros de leur activité se trouve en Europe. Seuls 14 GW de projets sont programmés outre-Atlantique, selon l'American Clean Power Association alors que 35 GW de capacités sont déjà installés au large de ses côtes du Vieux-Continent.

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3737 - Décembre 2024

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