Transpac est la première pompe à chaleur haute performance déployée dans un site industriel français, dans l’usine Wepa Greenfield de Château-Thierry (Aisne). Développé par Dalkia, spécialiste de l’efficacité énergétique d’EDF, et le département R&D d’EDF, le démonstrateur de cette pompe à chaleur a obtenu le soutien de l’Ademe à hauteur de 400 000 euros. Transpac est exploitée par Dalkia depuis avril 2023 à Château-Thierry, où est fabriquée de la pâte à papier exclusivement à partir de papier de récupération.
«Transpac est une pompe à chaleur développée sur la base d’un cycle thermodynamique transcritique qui permet de viser des températures d’air ou d’eau supérieures à 140 °C, avec un écart de température plus important qu'une PAC classique. Ainsi, pour produire environ 600 kWh de chaleur, Transpac consomme environ 150 kWh d’électricité. Cette PAC THT (Très Haute Température) a des caractéristiques et des niveaux de performance jamais atteints, Cela ouvre de nouveaux horizons à l’électrification de la chaleur dans ce secteur», assure Sylvie Jéhanno, PDG de Dalkia.
La première étape a été la mise en place d’un système de récupération de la chaleur fatale sans impacter le process industriel de Wepa Greenfield. En récupérant cette chaleur perdue issue de l’extraction des buées, la PAC THT est capable de réchauffer l’air d’alimentation d’un sécheur avec un coefficient de performance (COP) supérieur à 3,5 à partir d’une source à 70 °C. Les émissions de CO2 associées à la production de cette chaleur chez Wepa Greenfield sont 16 à 20 fois plus faibles qu’en utilisant la vapeur produite au gaz naturel.
L’industriel baisse ainsi son empreinte carbone et sa facture énergétique. «Cette nouvelle pompe à chaleur haute performance nous permet de produire 5 GWh, en récupérant de la chaleur perdue dans l’air extrait du séchoir, ce qui nous permet d’effacer 1 000 tonnes de CO2 par an. Un pari gagnant dans le cadre d’un partenariat constructif avec l’Ademe, Dalkia et EDF», se réjouit Laurent Benault, directeur de l'usine Wepa Greenfield.
De vraies perspectives de développement
Si la technologie prouve son efficacité sur le site du papetier de Château-Thierry, elle peut être mise en place sur tout autre site industriel avec une chaleur à valoriser de 60 à 90 °C. Cela peut être le cas pour des procédés de séchage sur des sites papetiers, agroalimentaires, métallurgiques, chimiques ou textiles et qui ont des besoins pour leur process de vapeur ou de chaleur haute température. «Dalkia est pleinement engagée sur le sujet, à savoir apporter la solution sur-mesure et la plus performante sur le plan énergétique aux industriels pour les accompagner au mieux dans la réduction de leur empreinte carbone, met en avant Sylvie Jéhanno. Alors qu'en France, l’industrie émet chaque année 80 millions de tonnes de CO2, soit environ 20% des émissions nationales de gaz à effet de serre, décarboner les process industriels est un enjeu clé pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.»
Cette technologie ouvre la voie à une variété de nouvelles applications, alors que l’Ademe estime à 100 TWh par an le gisement de chaleur fatale industrielle actuellement disponible en France. «La mise en service de cette première PAC transcritique sur le site de Wepa à Château-Thierry s’inscrit pleinement dans les enjeux de décarbonation de l’industrie auxquels EDF contribue depuis de nombreuses années, conclut Marc Benayoun, directeur exécutif Groupe EDF en charge du Pôle clients services et territoires. Cette réalisation, qui a mobilisé les équipes de notre filiale Dalkia et de sa filiale Dalkia Froid Solutions ainsi que les équipes de la R&D, démontre à la fois notre capacité à mobiliser les synergies au sein du Groupe EDF et notre engagement pour proposer des solutions attendues par nos clients au service de la construction d’un avenir énergétique neutre en CO2, comme nous nous y sommes engagés à travers notre raison d’être.»



