Toujours plus d'écart de rémunération entre les dirigeants du CAC40 et leurs salariés, alerte Oxfam

Dans une étude publié le 30 avril, Oxfam calcule que «en 2022, les PDG du CAC40 ont ainsi gagné en moyenne 130 fois plus que leurs salariés». Les industriels n'échappent pas à cette réalité : Stellantis, Dassault Systèmes et EssilorLuxottica apparaissent dans les cinq premières entreprises du classement établi par l'ONG. 

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Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, au Software Day du groupe, décembre 2021
Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, au Software Day du groupe, décembre 2021

Des écarts de rémunération «abyssaux» et des «rémunérations parfois astronomiques». D'après un rapport publié le 30 avril par l'ONG Oxfam, les inégalités salariales entre patrons et employés n'ont jamais été aussi grandes dans le CAC40. Et les industriels n'échappent pas à cette règle. 

«En 2022, les PDG du CAC40 ont ainsi gagné en moyenne 130 fois plus que leurs salariés», constate Oxfam dans son document. Cet écart – en augmentation quasi constante – était de 40 en 1979 et de 111 en 2019. «Entre 2019 et 2022, la rémunération moyenne des PDG du CAC 40 a augmenté de 27% alors que le salaire moyen au sein de leurs entreprises n’a augmenté que de 9%», relate l'ONG. 

Carlos Tavares sur le podium

Derrière le dirigeant de Teleperformance (qui gagne 1453 fois plus que le salaire moyen de son entreprise) et de Carrefour (426), le patron de Stellantis Carlos Tavares est le premier industriel à apparaitre dans le classement d'Oxfam : il gagne, d'après l'ONG, 341 fois plus que le salaire moyen de son entreprise. Cela ne devrait pas diminuer en 2023 : au titre de l’exercice fiscal 2023, l’ingénieur portugais touchera près de 36,5 millions d’euros (rémunération différée comprise), soit 56% de plus qu’en 2022.

Apparaissent ensuite Dassault Systèmes (239), EssilorLuxottica (181), ArcelorMittal (153), LVMH (130), Danone (124), L'Oréal (124), Schneider Electric (117)... Parmi les (relativement) bons élèves, le dirigeant de Thales Patrice Caine gagne 'seulement' 31 fois le salaire moyen de son entreprise, celui de Safran 43, d'Airbus 49. Chez Michelin – chantre du «salaire décent» – et Alstom, cet écart s'établit à 50. 

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Les pistes d'Oxfam pour réduire les inégalités

Pour réduire ces inégalités, Oxfam propose d'instaurer un écart salarial maximal dans les entreprises. L'ONG propose un plafond à 20 fois le salaire moyen – auquel aucune entreprise du CAC40 ne répond aujourd'hui, l'écart le plus bas (Crédit Agricole) étant de 22 fois.

Autres pistes majeures proposées : la garantie d'un salaire décent dans les entreprises... et le plafonnement de la rémunération des dirigeants. «Si vous estimez que ce n'est pas acceptable, faites une loi, modifiez la loi et je la respecterai», lançait Carlos Tavares à la veille du vote de sa rémunération record en 2023. Il pourrait être entendu. 

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