Thésée Datacenter construit le premier datacenter à tolérance de panne en Ile de France

L’hébergeur informatique français Thésée Datacenter donne le coup d’envoi officiel de la construction de son campus de datacenters à Aubergenville, dans les Yvelines. Le premier des six datacenters devrait être mis en service en 2021, donnant à l’Ile de France son premier datacenter à tolérance de panne.

 

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Thésée Datacenter
Maquette du datacenter Ariane de Thésée Datacenter à Aubergenville, dans les Yvelines.

Ariane, c’est le nom du premier datacenter du campus que Thésée Datacenter, un nouvel acteur français de services d’hébergement de colocation neutre vis-à-vis des opérateurs télécom et des fournisseurs cloud, compte construite à Aubergenville, dans les Yvelines.

Le coup d’envoi officiel a été donné ce vendredi 2 octobre 2020 en présence de Gilles Lécole, maire LR d’Aubergenville, Raphaël Cognet, président LR de la communauté urbaine GPS&O, Pierre Bédier, président LR du Conseil départemental des Yvelines, et Sophie Primas, sénatrice LR des Yvelines.

Investissement de 100 millions d'euros

Le chantier a débuté en février 2020. Il vise la construction d’ici à sept-huit ans d’un campus de six datacenters de 1 000 mètres carrés et 3 MW chacun. L’investissement total dépasse les 100 millions d’euros. Le premier datacenter, Ariane, devrait entrer en service en mars 2021. Il représente un investissement de 15 millions d’euros.

" Nous allons démarrer par une tranche d’équipement de 1 MW, explique à L’Usine Nouvelle Christophe Bouniol, le président-cofondateur de Thésée Datacenter. Nous ajouterons ensuite une deuxième puis une troisième. Nous le ferons au fur et à mesure du remplissage du bâtiment et de la demande des clients. Notre projet est de construire ainsi un datacenter tous les 18 mois. " 

Christophe Bouniol, PDG de Thésée DatacenterThésée Datacenter
Christophe Bouniol, PDG de Thésée Datacenter Christophe Bouniol, PDG de Thésée Datacenter

Christophe Bouniol, président-cofondateur de Thésée Datacenter.

Fondé en 2017, Thésée Datacenter entend profiter d’un marché d’hébergement informatique neutre en croissance de 15 à 20 % par an, selon son cofondateur. Et pour se démarquer des hébergeurs globaux comme Equinix ou Digital Reality, tous deux américains, il joue à fond la carte de la souveraineté des données. " C’est notre ADN de par notre structure de société de droit français et de notre actionnariat avec la présence dans notre capital de la Banque des Territoires, filiale de la CDC, souligne Christophe Bouniol. Nous visons les entreprises et organisations françaises qui recherchent une solution d’hébergement les protégeant du Cloud Act américain. C’est devenu une préoccupation importante aujourd’hui. Elle est maintenant exigée dans tous les appels d’offres des opérateurs d’importance vitale. "

30 à 35 % plus efficace

Ce n’est pas la seule différence de Thésée Datacenter. Le nouvel hébergeur se veut à la pointe de l’efficacité énergétique. Ses datacenters s’appuient sur le Free Cooling, c’est-à-dire l’utilisation gratuite de l’air extérieur, pour le refroidissent des serveurs. " Nous utilisons le Free Cooling indirect, explique Christophe Bouniol. Pour éviter d’abimer les serveurs, nous ne faisons pas entrer l’air dans le bâtiment. Nous le faisons passer par un échangeur de chaleur. Ce système devrait suffire à refroidir les machines pendant 85 % du temps sur l'année. Nous n’utilisons le refroidissement classique par groupe de froid que pendant les 15 % restants du temps, quand il fait chaud par exemple. Ceci nous permet d’avoir un indice d’efficacité énergétique PUE de 1,2 alors qu’il est de 1,6 en moyenne pour les datacenters classiques. Cela signifie que nos datacenters ne consomment que 20 % d’énergie en plus de celle nécessaire aux serveurs. C’est intéressant pour les clients, car ce sont eux qui paient l’énergie consommée. Nous sommes 30 à 35 % plus efficaces que les datacenters traditionnels."

Thésée Datacenter se targue d’afficher un autre atout, celui du label Tier IV, la plus haute certification en terme de disponibilité. L’équipement de ses datacenters a été redondé de façon à limiter les arrêts pour maintenance à seulement trois heures par an, ce qui garantit officiellement une disponibilité de 99,9985 %. " Chaque détail technique a été optimisé par notre intégrateur Spie ICS, affirme Christophe Bouniol. Tous les liens entre les différents composants ont été pensés pour éviter les arrêts de production. Siemens nous aide à optimiser à l’intelligence artificielle le rendement des équipements dans la chaine électrique (onduleurs, ventilateurs…). Nous allons ainsi donner à l’Ile de France son premier datacenter dit à tolérance zéro. C’est grâce à la disponibilité et l’efficacité énergétique que nous allons être compétitifs sur le marché. "

Une dizaine d'emplois directs

Le patron de la start-up reste discret sur le chiffre d’affaires visé par son projet. Mais il promet la création d’une dizaine d’emplois pour le premier datacenter, auxquels viendront s’ajouter 50 à 100 emplois indirects chez les partenaires et clients (logistique, installation, configuration et maintenance des serveurs). " Ce projet est important pour le territoire non pas pour ses créations d’emplois, qui restent modestes dans les datacenters, mais pour sa capacité à attirer des acteurs numériques comme les développeurs, les éditeurs de logiciels ou les fournisseurs de cloud hybride ", précise-t-il. C’est pour cela que la Mairie d’Aubergenville, le département des Yvelines et la communauté urbaine GPS&O ont apporté leurs aides au projet.

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