Taxes douanières : pourquoi l'ETI Technoflex, très exportatrice aux Etats-Unis, reste sereine

Avec plus de 60% de son activité réalisée aux États-Unis, le basque Technoflex garde confiance. Même si les surtaxes douanières imposées par le président américain Donald Trump auront une répercussion sur les prix de ses produits sur ce marché, l‘ETI estime que son activité à court terme ne devrait pas être impactée.

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Site Technoflex à Bidart dans les Pyrénées-Atlantiques
Le site de Technoflex à Bidart d'où partent les produits expédiés aux Etats-Unis

Jusqu’à présent, Technoflex – qui a fait le choix de miser sur l’innovation pour développer des produits à forte valeur ajoutée et conserver l’emploi à Bidart dans les Pyrénées-Atlantiques – voyait ses produits taxés entre 5 et 6% à l’entrée sur le marché américain. Ce coût est supporté par ses clients importateurs, qui subissent depuis le 5 avril une hausse de 10% supplémentaires. Mais pas de quoi inquiéter l'entreprise, qui réalise pourtant 60% de son chiffre d'affaires dans le pays.

«Ce sont nos importateurs qui vont devoir payer des droits de douane plus élevés. Le président américain souhaite faire baisser les importations pour inciter les entreprises à produire aux États-Unis. Nous sommes positionnés sur la fabrication de produits de qualité, enregistrés auprès des autorités de santé : pour nous, il y a donc peu de risque à court terme, argumente Olivier Chesnoy, le PDG de Technoflex qui réalise près de 50 millions de chiffres d’affaires avec 300 salariés. Pour l’heure, nous ne changeons pas nos prix : les taxes américaines sont un problème pour les américains.»

L'innovation qui protège

Il faut dire que depuis dix ans Technoflex multiplie les innovations pour des applications dans les biotechnologies et le médical, avec des solutions prêtes à l’emploi. En 2018, l’ETI s’est vue décerner le prix du packaging médical lors du CPHI, plus grand salon mondial de l’industrie pharmaceutique, pour son produit «Dual Mix», une poche brevetée regroupant dans un même emballage primaire à deux compartiments un médicament en poudre/lyophilisat et le diluant associé.

Si la guerre commerciale s’envenime, le risque n’est pas totalement écarté. «A plus long terme, si les surtaxes se multiplient, le risque sera de ne plus être compétitif et que des concurrents locaux essaient de se positionner», concède Olivier Chesnoy.

Pour une position européenne forte et proportionnée

Malgré tout l’industriel, qui produit 100 millions de poches techniques médicales par an, attend une réaction forte de la part de l’Union Européenne. «Les américains vont être pénalisés parce qu’ils vont payer des produits plus chers. C’est aberrant de mettre en place des droits des douanes comme cela du jour au lendemain : cela peut conduire à une reprise de l’inflation aux US, et à une récession mondiale», déplore le PDG.

Olivier Chesnoy attend ainsi de l’Europe «une position forte et proportionnée dans le rapport de force engagé par le président américain». «Dans tous les cas, la mise en place de ces surtaxes est très dommageable pour les personnes qui font du business avec les Etats-Unis, regrette-t-il. Mais les premiers impactés seront les américains.»

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