Comment le fabricant de machines Zalkin tente de limiter l'impact des tarifs douaniers américains

Fabricant de machines d'encapsulage, le français Zalkin réalise 80% de son chiffre d'affaires à l'international dont plus de 20% aux Etats-Unis. Si cela fait déjà plusieurs mois que son dirigeant a anticipé une hausse des droits de douane, le risque de perte de compétitivité, à terme, pourrait bien le contraindre à revoir son organisation.

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Usine Zalkin après la 5e extension
En juin 2024, les dirigeants de Zalkin et du groupe propriétaire, l'américain ProMach, avaient inauguré le projet d’extension du site de Montreuil-l’Argillé (Eure). Le projet d'un montant de 15 millions répondait à la hausse de l'activité.

Ses machines de bouchage se retrouvent aux quatre coins du monde, et particulièrement aux Etats-Unis, où Zalkin France réalise 22% de ses 78 millions d’euros de chiffre d’affaires. Propriété du groupe américain Promach, l’industriel français compte des géants comme Coca-Cola, Pepsi, Niagara bottling ou encore McCormick parmi ses clients. Outre les équipements d’encapsulation qui se retrouvent dans les secteurs des boissons, de l’agroalimentaire, de la cosmétique… Zalkin France fournit les composants pour leur maintenance et assure leur entretien.

«Sur 100% de la valeur vendue aux Etats-Unis, 75% provient de France», précise Laurent Fournier, le président de l’entreprise. Le reste est réalisé sur le territoire américain. Les droits de douane, le dirigeant s’y est préparé : «Cela fait deux mois qu’on a commencé à prendre des mesures», indique le patron qui a «presque doublé» le stock de pièces standards de sa filiale Zalkin America (celles sur mesure continuent d’être produites à la demande). «C’était un pari. Il l’a dit, on l’a écouté», explique le dirigeant, faisant référence au président des Etats-Unis.

Une filiale américaine utile 

L’entreprise, qui a commencé à répercuter une partie des hausses sur les encours de livraison, a aussi stoppé ses expéditions de pièces en direct. «Tous les envois de France sont maintenant adressés à la filiale américaine qui achète le produit avant de marger», indique le dirigeant qui explique ainsi réduire l’impact des hausses douanières sur le produit final.

Si Zalkin peut, pour l’instant, répercuter la hausse des droits de douane de ses pièces aux acheteurs contraints de sécuriser leurs activités, l’entreprise prévoit de prendre sa part dans les prochains jours. «Les choses évoluent vite. Nos clients qui ont pris un coup sur la tête vont se réveiller. On absorbera une partie des hausses pour rester compétitif», rassure Laurent Fournier. La mesure de l’effort se fera aussi en fonction de la concurrence. «Tout le monde se regarde», affirme le patron. Outre les pièces, c’est aussi à la vente des machines – le gros de la valeur de Zalkin France – que le président veille.

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Chaine d'approvisionnement à réorganiser

Protégée par les Incoterm, les règles internationales qui définissent les obligations de chaque partie dans la transaction commerciale, la vente des équipements est pour l’instant à l'abri. L’entreprise, qui a renégocié ses contrats en début d’année, fait supporter les hausses à ses clients. Mais en cas de nouvelles annonces, et surtout d’effet durable, Laurent Fournier craint pour sa compétitivité. «Cela ne serait pas tenable dans la durée si je me retrouve X% plus cher que mes concurrent locaux», dit-il, assurant se préparer dès maintenant en regardant «comment organiser nos chaines d’approvisionnement». Il n’exclut pas, non plus, de délocaliser des activités qui ont plus de valeur ajoutée que celles réalisées aux Etats-Unis. «Aucune décision n'est prise à ce stade», affirme-t-il.

Jugeant urgent d’attendre avant toute décision impliquant le long terme, Laurent Fournier déplore en tout cas l’importante perte de temps liée aux annonces tonitruantes du président américain. «Tout le temps qu’on passe à adapter nos équipes n’est pas du temps qu’on passe à faire de la valeur ajoutée», estime-t-il.

Cela ne l’empêche pas de positiver. «Nos clients ont besoin d’être satisfaits. Tous les autres acteurs de la machine de packaging n’adopteront pas les mêmes réponses. C’est là qu’on a une opportunité de faire la différence», veut croire le dirigeant. Une opportunité en temps de crise dont il aimerait profiter avec l’aide de l’Europe. «On a besoin d’une politique énergétique qui tienne le coup et d’arrêter de réguler dans tous les sens», siffle Laurent Fournier. Autant d'actions qui permettraient, selon lui, de gagner un peu de compétitivité. 

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