Sans attendre le Consumer Electronics Show, le salon de l’électronique grand public qui se déroulera en janvier 2021 de façon virtuelle, Samsung a choisi de frapper un grand coup en lançant le premier téléviseur à MicroLED. Il débute l’aventure en Corée du Sud avec un poste de 110 pouces de diagonale au prix de 170 millions de wons, l’équivalent de la bagatelle de 130 000 euros. Pas à la portée de tout le monde! Sa commercialisation devrait s’étendre au reste du monde au cours du premier trimestre 2021.
Sony, pionnier
Ce lancement donne néanmoins le coup d’envoi d’une révolution dans le monde de l’affichage électronique de nature à balayer les deux technologies qui se partagent aujourd’hui le marché : LCD et Oled. La technologie MicroLED est connue depuis le début des années 2000. Elle s’appuie sur des LED microscopiques pour générer directement l’image sans rétroéclairage ni filtres de couleurs. Elle fonctionne sur le même principe que l’écran Oled mais utilise des LED minérales et non organiques qui évitent le risque de marquage et le vieillissement prématuré de l’écran. Elle est parée de tous les atouts. Son seul inconvénient : son coût élevé dû aux difficultés de transfert à bon rendement de millions de LED sur le panneau de l’écran.
Sony a été le premier constructeur de téléviseurs à démontrer la technologie en 2012 sur un écran de 55 pouces, le Crystal LED. Un prototype qui n’a jamais été commercialisé en raison de son coût élevée de fabrication. Le groupe japonais d’électronique est revenu à la charge en 2017 dans l’univers professionnel avec ses murs d’image CLEDIS construits à la demande de façon modulaire par assemblage de panneaux de 40,3 x 45,3 cm.

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24 millions de LED microscopiques
Samsung a suivi un cheminement similaire mais plus rapide. Il a commercialisé son mur d’image The Wall de 146 pouces dans l’univers professionnel en juin 2018 seulement six mois après l’avoir présenté au Consumer Electronics Show, à Las Vegas, aux Etats-Unis. Comme chez Sony, ce mur est construit par assemblage de petits panneaux d’environ 10 cm de côté. Le groupe coréen le décline aujourd’hui pour le grand public dans un produit intégré plus petit. Il se garde de le présenter comme un téléviseur, préférant le désigner comme un écran ou un panneau d’affichage.
Ce produit réunit environ 24 millions de LED de quelques microns, offrant une résolution d’image 4K de 8 millions de pixels. Chaque pixel réunit trois LED, une rouge, une verte et une bleue, générant toutes les nuances de couleurs. Selon Samsung, il assure une durée de vie de 100 000 heures, comparable à celle des meilleurs écrans LCD actuels.
3,3 millions de téléviseurs MicroLED à écouler en 2027
Samsung est connu pour être agnostique du point de vue technologique. C’était le cas lors de la bataille entre les technologies LCD et plasma dans la télévision. Il a joué sur les deux tableaux avant de se ranger du côté de la technologie gagnante, LCD. Il entend être à l’avant-garde de la révolution MicroLED tout en continuant à faire de la télévision LCD et bientôt Oled (en 2021 avec une version améliorée par des points quantiques).
L’adoption de cette technologie est annoncée très lente. Ses coûts élevés de fabrication font que les ventes dans la télévision vont rester longtemps anecdotiques. Selon le cabinet Omdia, les ventes mondiales d’écrans à MicroLED devraient décoller en 2021 puis croitre pour atteindre plus de 16,7 millions d'unités en 2027, dont 10 millions pour les montres connectés et seulement 3,3 millions pour les téléviseurs. Entre temps, les coûts auront été divisé par un facteur cinq.



