Député des Français de l’étranger, Roland Lescure rejoint le ministère de l’Economie pour s’occuper d’industrie, dans le cadre du nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne. Il venait d’être réélu dans la circonscription qui couvre l’Amérique du nord en juin 2022 avec 55,63% des voix, beaucoup moins confortablement que lors de la première vague LREM en 2017, où il avait obtenu près de 80% des suffrages. A 56 ans, ce polytechnicien (X87) est également diplômé de l’Ensae (l’Ecole nationale de statistiques, qui forme, entre autres, les administrateurs de l’Insee). Sous le précédent mandat d'Emmanuel Macron, il a assuré la présidence de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.
Rapporteur de la loi Pacte
Ce marcheur de la première heure a surtout été le rapporteur de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), marqueur des premières réformes économiques du précédent quinquennat d’Emmanuel Macron. Cette loi fleuve et multidimensionnelle a entre autres révisé les seuils sociaux, revu les procédures de création et de restructuration des entreprises, dynamisé l’épargne salariale, et introduit le concept d’entreprise à mission. Avec ces responsabilités, il a fait partie, selon le site Nos députés.fr, des 150 députés les plus actifs de la précédente assemblée, tant sur la présence en commission ou dans l’hémicycle que sur les interventions réalisées.
Roland Lescure a également produit un rapport d’information sur l’impact, la gestion et les conséquences de la crise du Covid. Il y soulignait des dispositifs publics plutôt efficaces, tout en soulignant que « les leçons économiques de cette crise ne devront pas être oubliées ». Et concluait, avant de dévoiler les préconisations précises des différents groupes de travail : « Même si cela ne sera pas facile, même si des résistances se lèveront, il nous faudra repenser notre modèle industriel, accélérer la transition énergétique et nous appuyer sur les outils numériques. »
En rejoignant le ministère de l’Economie et des finances, il ne sera pas en terrain inconnu, puisqu’il y a déjà travaillé avant de partir de 2005 pour une carrière dans le privé. Son parcours en fait plutôt un spécialiste de la gestion d’actifs, aussi bien en France chez Natixis AM et Groupama AM, qu’à l’étranger, puisqu’il a été un des dirigeants de la Caisse des dépôts et de placements du Québec. Si Roland Lescure a sans conteste une bonne connaissance de l’entreprise, en revanche, on trouve peu de traces dans son parcours d’un intérêt particulier ou d’une expérience concrète dans l’industrie. Contrairement à celle qu'il remplace sur ce poste, Agnès Pannier-Runacher, qui avait travaillé chez Faurecia et pour le fonds stratégique d'investissement.

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Soutenir la transformation de l'industrie française
C’est pourtant lui qui devra soutenir la mutation de l'industrie, qu’il faut désormais accélérer tant pour des enjeux d’indépendance énergétique, que pour être en ligne avec le paquet européen « Fit for 55 ». Il lui faudra aussi développer la souveraineté technologique en orchestrant le plan France 2030, gérer les mutations sociales de secteurs en pleine évolution, comme l’automobile, tout en dynamisant les différents projets importants d’intérêt européen (Piiec) sur les batteries, l’hydrogène, le cloud, la santé, les puces… Enfin, même si le remaniement gouvernemental du 4 juillet a nommé une ministre déléguée à l’Enseignement et à la formation professionnelle, Carole Grandjean, il devra s’attaquer au problème récurrent et de plus en plus handicapant de manque de compétences du secteur.
Il a publié l'an dernier un livre sur la France Nos totems et nos tabous, dépassons les !, dans la veine du premier ouvrage d'Emmanuel Macron, Révolution. Le nouveau ministre est le fils d'un journaliste communiste, et le demi-frère de Pierre Lescure, ancien PDG de Canal+ et président jusqu'à cette année du festival international du film de Cannes. C'est sur un terrain moins glamour, mais tout vital pour l'économie française, que Roland Lescure devra exercer ses talents.



