Le 13 avril, Emmanuel Macron a averti la profession : "Les assurances doivent être au rendez-vous de cette mobilisation économique." Avec des centaines de milliers de commerces fermés, la prise en charge des pertes d’exploitation est devenue un sujet quasiment grand public. Mais assurer les pertes d’une crise systémique, cause rarement prévue dans les contrats, est le cauchemar d’une profession qui n’a pas les fonds pour y faire face.
Pour l’instant, les assureurs abondent de 400 millions d’euros le fonds de solidarité et les gestes commerciaux se négocient au cas par cas. Les grands industriels eux, comme l’explique Brigitte Bouquot, présidente de l’Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise (Amrae) et salariée de Thales, attendent surtout "que leur couverture soit maintenue, même dans les conditions d’exploitation dégradées qui risquent d’intervenir en 2020". Et veulent des acteurs au rendez-vous en 2021.
Les dernières négociations commerciales ont été dures car les assureurs sont affectés par des catastrophes naturelles, des cyberattaques... "Il ne faut pas casser un dispositif extraordinaire qui ne crée pas de passif au bilan, mais cartographier ses risques et organiser des entreprises résilientes", estime Brigitte Bouquot.



