« Au vu des offres reçues dans le cadre du processus de cession d’actifs que la société avait initié en 2021, Recylex ne disposera pas de ressources financières suffisantes pour permettre une restructuration de la dette dans un cadre amiable. Il sera par ailleurs impossible de mettre en œuvre le programme de cession d’actifs envisagé. » C'est par un communiqué publié vendredi 15 avril que le groupe Recylex, présidé et dirigé par Thomas Hüser, a annoncé qu'il demandait « son placement en redressement judiciaire et la mise en œuvre d'un plan de cession de ses actifs industriels suite à l'échec de la restructuration de sa dette ».
À la demande du groupe, le tribunal de commerce de Paris avait ouvert en juin 2021 une procédure de conciliation entre Recylex, ex-Metaleurop, et ses partenaires financiers et créanciers, en l'occurrence son actionnaire historique Glencore International, pour un emprunt de 16 millions d'euros souscrit en 2014, la Commission européenne pour une amende de 25,7 millions d’euros datant de 2018 et SNCF Réseau.
Plus de trésorerie suffisante
Le groupe explique avoir reçu des offres valorisant ses actifs à hauteur de 43 millions d’euros, dont 40 millions d'euros pour une participation de 50% dans Recytech SA, centre de recyclage de Fouquières-lès-Lens (Oise) nantie au profit de Glencore International. Un montant « à comparer à un endettement net global de 52,2 millions d’euros, auquel s’ajoutent des provisions pour risques et pour passifs environnementaux de 16,2 millions d’euros, soit un total de 68,4 millions d’euros ». La société est confrontée à l'exigibilité d'une très grande partie de cette dette à partir du 15 avril et se déclare en cessation de paiement.
Depuis mai 2020, la principale activité du groupe est le recyclage des batteries au plomb-acide usagées sur ses sites d'Arnas (Rhône), près de Villefranche-sur-Saône, et d’Escaudœuvres (Nord), dont l'unique client est la fonderie de Nordenham en Allemagne, propriété de Glencore International, depuis août 2021. Les achats de ce groupe anglo-suisse de négoce, de courtage et d'extraction de matières premières ont représenté 90% du chiffre d’affaires du groupe Recylex l'an dernier, qui s'est établi à 87,9 millions d'euros. L'activité de recyclage du plomb a représenté près de 90% de ce chiffre d'affaires (soit 78,1 millions d'euros), pour un volume d'environ 86 500 tonnes de batteries au plomb-acide usagées.
Recylex souhaite que son placement en redressement judiciaire permette notamment au tribunal de commerce de Paris d'examiner l'offre reçue de la société belge Campine NV pour les sites industriels d'Escaudoeuvres et d'Arnas. Ils emploient au total près d'une centaine de salariés, dont une soixantaine dans le Rhône.



