Quand 180 élèves ingénieurs "pitchent" devant le Medef

Le 17 janvier, l’organisation patronale du Medef accueillait la 15e édition du « Grand oral marketing & création d’entreprise » de l’Ecole de biologie Industrielle. Un moment clé pour les étudiants qui ont soumis leurs projets entrepreneuriaux au regard de professionnels.

 

 

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Grand oral entrepreneuriat au Medef de l'Ecole de biologie industrielle
Les élèves de l'Ecole de biologie industrielle présentent des projets d'entrepreneuriat au Medef

Vendredi 17 janvier, ses élèves présentaient le fruit de cinq mois de travail à un jury de 35 professionnels de l'entrepreneuriat, employés de Coca-Cola, Sanofi ou Atos. L’événement se tient depuis 2012 au siège du Mouvement des entreprises de France. “Après avoir fait partie du jury, Eric Ingargiola, membre du MEDEF, a proposé de nous accueillir”, rembobine Laurence Taupin, professeur de marketing et référente entrepreneuriat à l'Ecole de Biologie Industrielle (EBI), qui chapeaute aujourd’hui le déroulé de ce grand oral.

Snacking végétal, filtre à pertubateurs endocriniens...

Répartis en 12 groupes de 15, les élèves de l’EBI ont mené ce projet en parallèle des enseignements classiques, comme nous le confie Océane. “Nous y avons consacré en moyenne 30h par semaine. Au départ, une réunion durait environ 1h. A la fin, elle occupait toute notre journée.” Avec ses camarades, elle a planché sur Daily’gumes, un produit de snacking composé de légumes de saison pouvant être mangé en apéritif ou en accompagnement d’un plat. D’autres ont prototypé un filtre à eau éliminant certaines molécules nocives comme les perturbateurs endocriniens, imaginé des pâtes à base de farines de fruits pour manger plus sain ou encore un cocon sécurisé pour se reposer sur les aires d’autoroutes.

Les étudiants n’ont choisi ni leur groupe ni leurs thèmes, imposés par l’école selon ses spécialités : santé, environnement, alimentaire, cosmétique, aide à la personne et sécurité routière. “Ils ont été épaulés par nos équipes pédagogiques en fonction de leurs thématiques de prédilection”, précise Laurence Taupin. Au-delà d’un moment charnière de leur cycle ingénieur, les étudiants perçoivent cet exercice comme “un cas pratique qui permet de mobiliser ce que l’on a appris en entrepreneuriat, organisation et marketing”, débute Charlotte. Sa camarade Océane complète : “Cela nous apprend également à travailler en équipe, à savoir s’écouter, se faire confiance et être patients." 

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Sur le grill

Genèse du projet, stratégie de développement, mode de distribution, avantage concurrentiel, public cible : chaque présentation brosse un panorama complet dans le but de convaincre le jury, dont certaines questions engendrent un frémissement du public. “Avez-vous pris en compte dans l’évolution de votre produit les avancées en matière d’intelligence artificielle ?”, demande un membre du jury aux étudiants ayant imaginé une montre connectée dont la vocation est de porter assistance à des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, de problèmes cardiaques ou de crises d’épilepsie. “Comment faites-vous pour obtenir le remboursement de ce produit par l’assurance-maladie ? Selon moi, cela ne colle pas avec votre business plan”, renchérit Fabrice Ruiz, ancien élève de l’EBI et président de Clinsearch. Une fois les réponses apportées, le jury note chaque groupe selon différents critères, notamment l’aisance à l’oral, l’étude du comportement consommateur ou l’identification de la cible.

Pour les lauréats, des perspectives

En fin d’après-midi, le projet BB’biotes est déclaré vainqueur. Il s’agit d’un probiotique à administrer aux bébés (par seringue ou tétine) nés par césarienne afin de réduire le risque de développement d'une maladie. Les cinq projets les mieux classés “vont désormais participer à d’autres concours entrepreneuriaux et auront peut-être la chance de sortir du cadre scolaire”, dévoile Laurence Taupin.

Présentes aujourd’hui en tant qu’observatrices, Philippine Soulères et Sheryline Thavisouk, anciennes de l’EBI, ont eu cette opportunité. Il y a deux ans, elles présentaient avec leurs camarades de promotion un projet d’oeuf entièrement végétal fabriqué en laboratoire, destiné notamment aux intolérants et végétalistes. Ce projet est aujourd’hui incubé à Station F et a donné naissance à la start-up “Ouf - l’oeuf sans oeufs”. Le duo souhaite désormais “finaliser le produit et débuter sa distribution.” De quoi donner des idées aux futures promotions.

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