Cocorico ! (Ou plutôt Meuh...) Sur le marché mondial des produits à base de lait de vache, la France peut s’enorgueillir d’avoir la filière la plus compétitive. "La France reste un producteur de lait de premier plan, mais dont les avantages comparatifs sont de moins en moins décisifs dans un contexte international plus compétitif", résume le cabinet Agrex Consulting, qui a passé au crible treize pays* (contre dix précédemment) pour le compte de France AgriMer. Sur l'ensemble des critères pondérés, les Pays-Bas (en tête en 2018), la Nouvelle-Zélande et l’Italie arrivent en deuxième, troisième et quatrième position derrière la France. Sept axes ont été distingués.
La France a beaucoup d'atouts…
Une forte présence internationale, tant industrielle... La France est leader sur le plan de la capacité à conquérir les marchés. Avec le Danemark, la France compte le plus d’implantations industrielles à l’étranger, notamment grâce à Lactalis, Sodiaal et Danone. La consommation nationale "peu dynamique" pèse en revanche sur les investissements réalisés sur le territoire.
… que commerciale. En termes de présence à l’international, la France pointe au quatrième rang, après la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas et l’Allemagne. Le fromage a représenté la majorité (42%) des exportations de produits laitiers français (3,5 milliards de dollars sur la période 2016-2018). La France exporte en grande majorité vers l’Union européenne (61% des ventes). Le pays a su diversifier ses destinations. La balance commerciale des produits laitiers est toutefois en recul depuis 2014.

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Une bonne capacité à s’organiser. Derrière la Nouvelle-Zélande, la France bénéficie de la filière qui sait le mieux s’organiser. Les trois leaders Lactalis, Sodiaal et Eurial ont représenté 52,8% de la collecte en 2018, un chiffre bien plus équilibré que dans d’autres pays. Son haut niveau de recherche est aussi mis en avant. "La cohésion des filières de production et de transformation françaises demeure à poursuivre, afin de renforcer le dialogue interprofessionnel et la cohérence des stratégies de développement", indiquent les auteurs de l’étude.
Une production diversifiée… Après l’Italie, la France est l’un des pays qui bénéficie de la meilleure maîtrise technique. 579 litres de lait par an et par habitant sont écoulés, ce qui la hisse en tête devant le Danemark et l’Allemagne. L’offre de produits est très diversifiée. La production de produits laitiers est stable dans le temps. Cependant, seuls les yaourts et les produits "de très haute qualité" apparaissent à même de faire progresser la consommation.
… et toujours importante. Pour ce qui est du seul volume de production, il recule en France (24,4 milliards de litres produits en 2018) et place notre pays au quatrième rang. Avec 96 milliards de litres de lait en 2018, les États-Unis sont les premiers producteurs de lait de vache au monde, mais se heurtent à une forte réduction de la consommation intérieure ainsi qu’à une perte de compétitivité des élevages. Pour son potentiel de production laitière (qui cumule plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs), la France a presque tout bon. Elle est également quatrième sur cet indicateur, derrière l’Irlande, les Pays-Bas et le Brésil. Le taux d’endettement de ses élevages est inférieur à la moyenne européenne.
… et quelques faiblesses
La macroéconomie pêche. Sur les critères macroéconomiques, la France fait pâle figure en se classant au onzième rang de l’échantillon. En cause, un coût du travail élevé et une parité monétaire "qui limite la compétitivité des exportations", en dépit de capacités logistiques reconnues et du dynamisme des exportations agroalimentaires (69 milliards d’euros).
La sécheresse en ligne de mire. Au cinquième rang sur l’axe consacré à la durabilité des ressources (dominé par l’Irlande), la France tire parti de la mise en place de plans de veille efficaces afin de limiter les risques infectieux. Les terres peuvent être cédées à un niveau "accessible". En revanche, avec seulement 700 millimètres de précipitations par an en moyenne entre 2013 et 2018, le pays est pénalisé par de fortes vagues de chaleur estivales, notamment lors de l’année de l’étude.
En 2018, le monde a produit 691 millions de tonnes (Mt) de lait de vache, dont 44% par les 13 pays étudiés dans cette veille concurrentielle. La France en a produit 4%, derrière les Etats-Unis, l’Inde, le Brésil, l’Allemagne, la Chine et la Russie.
*Nouvelle-Zélande (3% de la production mondiale de lait en volume), Australie (1%), États-Unis (14%), Brésil (5%), France (4%), Allemagne (5%), Pays-Bas (2%), Irlande (1%), Royaume-Uni (2%), Pologne (2%), Argentine (2%), Italie (2%) et Danemark (1%). Ces 13 pays, s'ils ne produisent en cumulé que 44% du lait mondial, sont les plus actifs sur les marchés internationaux.



