Co-président du conseil économique franco-russe, le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné ne croit pas à une utilisation géopolitique du gaz par les Russes dans le conflit ukrainien. « Je suis convaincu que les Russes ne veulent pas utiliser le gaz comme une arme dans le conflit », a-t-il déclaré jeudi 24 février lors de la conférence de l'International Energy Week, quelques heures après le déclenchement de l'offensive russe. Mais la Russie fournit plus d'un tiers du gaz de l'Europe. Et sans gaz russe, « on a un vrai sujet du prix du gaz en Europe », a-t-il prévenu plus tard durant le forum de la Fédération nationale des travaux publics.
Les activités de TotalEnergies en Russie, qui comprennent des participations dans des usines de gaz naturel liquéfié (GNL), n'ont pas été affectées par le conflit jusqu'à présent, a déclaré le patron de TotalEnergies. L'entreprise est présente dans le pays depuis 1991. Elle est notamment impliquée dans le projet Arctic LNG 2.
Pour Safran, vigilance sur les approvisionnements
Safran fait aussi partie des groupes français qui entretiennent des liens étroits avec la Russie. Et ce à double titre : en raison de ses approvisionnements en titane et de son implantation industrielle. Le groupe s’attend-il à des conséquences en raison du conflit en Ukraine ? « Nous attendons de voir ce qu’il va se passer dans les jours qui viennent, je ne peux rien prédire, a affirmé Olivier Andriès, directeur général de Safran, lors de la présentation des résultats du groupe jeudi 24 février. Nous appliquerons toutes les décisions qui seront prises par les gouvernements en Europe ».

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La Russie est le premier fournisseur de titane pour l’industrie aéronautique mondiale, pour les avionneurs, les motoristes et les équipementiers. Safran utilise ce métal avant tout au niveau des trains d’atterrissage et des moteurs. Le russe VSMPO, qui fournit aussi Airbus, représente à lui seul 50% de l’approvisionnement du groupe. « Compte tenu de la situation depuis le début de l’année, nous avons décidé d’augmenter nos stocks de titane, a expliqué Olivier Andriès. Nous avons racheté différents stocks et notamment en Allemagne. A l’heure où je vous parle, nous avons suffisamment de stocks jusqu’à l’automne. Nous allons dans les semaines qui viennent accélérer, au cas où, la recherche de sources alternatives. Mais pour l’heure, VSMPO n’a pas arrêté de nous livrer. »
Au-delà de la question de l’approvisionnement, Safran pourrait être affecté en raison de sa forte présence en Russie. Au total, le groupe emploie près de 600 personnes dans ce pays où il génère 300 millions d’euros, soit environ 2% du chiffre d’affaires. Les activités et partenariats du groupe dans le pays concernent pour l’essentiel le Sukhoï Superjet 100, un appareil civil régional de 100 places. Safran fournit, en partenariat avec les Russes, le moteur Sam146, les nacelles et les trains d’atterrissage. Chaque année, entre 20 et 25 exemplaires de cet avion sont produits. Le groupe possède aussi une société commune avec l’industrie russe, dénommée Volgaero, qui produit des pièces de moteurs, notamment pour le CFM 56 et le Leap.
Valeo décrit un impact minime
Valeo a également évoqué la guerre en Ukraine lors de la présentation de son nouveau plan stratégique. « La vision long terme de Valeo ne change pas et ne changera pas à cause de cette crise », a expliqué le directeur général Christophe Périllat, après avoir adressé un message de sympathie au peuple ukrainien. Absent en Ukraine, Valeo dispose en revanche d’une usine à Togliatti en Russie, à proximité du site Avtovaz (coentreprise majoritairement détenue par Renault). « Les ventes de Valeo en Russie représentent moins de 1% de son activité totale. L’impact va être minime », a insisté le directeur général.
Christophe Périllat a tout de même mentionné les éventuelles conséquences indirectes de la guerre : « Il pourrait y avoir un impact sur les coûts des matières premières ou de l'énergie. » Une telle inflation pourrait renforcer la pression sur les équipementiers automobiles qui ont déjà traversé en 2021 une explosion des prix de l'acier, de l'aluminium ou encore du gaz.
(Avec Reuters, Simon Chodorge et Olivier James)



