Des Chantiers Navals de la Ciotat (Bouches-du-Rhones) vient de sortir le premier yacht à hydrogène. C'est l’achèvement du projet de Chloé Zaied, fondatrice de la start-up Hynova en février 2020. Pour concrétiser son projet, elle s’est associée au cabinet d’ingénierie Energy Observer Development qui s’est lui-même appuyé sur la pile à combustible de Toyota – le module T que l’on retrouve dans la Toyota Mirai – en l’adaptant aux conditions humides ainsi qu’aux cahotements du navire.
Le succès de partenariats
Lorsqu’elle se lance dans son projet du yacht il y a trois, Chloé Zaied, n’est pas une experte de l’hydrogène. Aujourd'hui marin et capitaine de bâteau, Chloé est issue d'une entreprise familiale de location de bateaux. Son atout résidera dans sa capacité à fédérer les bons acteurs et à s’afficher comme l’opportunité pour Energy Observer Development d’appliquer leur technologie prête pour des projets à grande échelle.
Le yacht est équipé d’une pile à combustible d’une puissance de 80 kW et de trois batteries de 44kW, l'idée pour Chloé Zaied étant d’atteindre une vitesse proche des performances des moteurs thermiques ; soit 25 nœuds (47 km/h) pour un bateau de 12,5 m. A haute vitesse, celui-ci peut effectuer 90 miles nautiques (soit 150 km) en utilisant pleinement l’énergie de la pile et des batteries, tandis qu’à vitesse basse – inférieure à 6 nœuds – la pile devient en mesure de faire avancer le bateau tout en rechargeant les batteries en l’espace d’une heure et demie.
Bien que 95% de l’hydrogène produit en France soit "gris" (c'est-à-dire produit à partir d'hydrocarbures), Chloé Zaied souhaite alimenter son yacht uniquement à partir d’hydrogène vert, issu d’énergies renouvelables.
Commercialisation dès 2021
Le yacht à hydrogène d’Hynova servira de démonstrateur jusqu’au printemps 2021, date à laquelle il sera vendu au terme d’un run show. Avec un prix (non-dévoilé) estimé 30% plus cher qu’un yacht thermique de même envergure, trois clients se sont déjà montrés intéressés, selon sa fondatrice.
Soutenue par la métropole de Marseille, qui a intégré l’entreprise à l’accélérateur M, Hynova projette de commencer à produire 10 bateaux par an, et compte 6 à 8 mois pour leur réalisation. Elle escompte un chiffre d’affaire de 5 millions d’euros pour l’année 2021. Concentré sur le marché français, l’entreprise observe néanmoins des opportunités avec la clientèle du Moyen-Orient, d’Asie et de Russie.
Désormais, Chloé Zaied poursuit cette stratégie de mise en réseau, notamment entre les pouvoirs publics et ses entreprises sous-traitants pour ses prochains projets : constituer une logistique de recharge en hydrogène (vert) soit via la livraison en camion (eux-mêmes fonctionnant en bio-carburant) soit via des barges flottantes avec leurs stocks d’hydrogène.



