Etude

Machistes ou amazones, bonnes ou mauvaises élèves de la parité.... Découvrez comment se positionnent les grandes entreprises françaises

Si l’ascenseur législatif a permis de féminiser les conseils d’administration des entreprises du CAC 40, l’accès des femmes à des postes de président ou de directeur général reste encore limité. Alors qu’elles représentent 33% des postes d’encadrement, les femmes ne sont que 18% dans les comités exécutifs. L'observatoire Skema permet de distinguer les bons élèves du CAC 40... et les autres.

 

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Femmes entreprise
Les femmes n'occupent que 18% des postes au sein des comités exécutifs des grandes entreprises du CAC 40.

La loi Coppé-Zimmerman, qui fixe depuis 2011 un quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration, a joué son rôle. En 2019, la quasi-totalité des entreprises du CAC 40 domiciliées en France étaient au-delà du quota, à 42,53%, note l’Observatoire SKEMA sur la féminisation des entreprises. Sur l’échantillon de cette étude (CAC 40 + 20 entreprises cotées), sept sont très éloignées des quotas. La plupart sont domiciliés dans des pays étrangers : Airbus (25%) aux Pays-Bas, TechnipFMC (21,43%) au Royaume-Uni, SES (25%) et ArcelorMittal (33%) au Luxembourg et STMicroelectronics (33%) en Suisse.

Néanmoins, ce bon résultat ne doit pas cacher la réalité : les femmes n’occupent que 3,33% des 120 postes de président du conseil d’administration, directeur général et/ou PDG des 60 plus grandes entreprises françaises cotées : aucune femme PDG, deux femmes présidentes du conseil et deux directrices générales. Cette étude repose sur le rapport annuel 2019 des entreprises. L'éviction en février 2020 d’Isabelle Kocher du poste de DG d’Engie n’a donc pas été pris en compte.

Plafond de verre dans les Comex

Sur les 693 postes des comités de direction des 60 plus grandes entreprises françaises, les femmes en occupent 125, soit 18%, alors qu’elles représentent 33% de la population des cadres, vivier traditionnel de recrutement des dirigeants. L’épaisseur du plafond de verre est de 15,48 points. "La stabilité de cette faible représentation au cours des années milite pour l’instauration de quotas de femmes dans les comités exécutifs", plaide Michel Ferrary, professeur de management à l’Université de Genève et chercheur affilié à SKEMA Business School.

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Les entreprises machistes... et les autres

La diversité concerne la mixité et la capacité de l’entreprise à recruter des femmes, notamment dans la population des cadres. L’Inclusion concerne la capacité de l’entreprise à promouvoir des femmes à des postes de direction, notamment au comité exécutif. Selon ces critères, l’observatoire SKEMA dresse quatre profils d’entreprises.

  • Les entreprises machistes : AccorHotels, BNP Paribas, LVMH, Hermes, Edenred, Téléperformance, Crédit Agricole et Vivendi, dont le pourcentage de femmes dans l’encadrement est supérieur à la moyenne mais le pourcentage de femmes dans le comité exécutif est inférieur à la moyenne, voire nul.
  • Les entreprises amazones : Michelin, Orange, Engie, Suez, Legrand, Schneider Electric, Dassault Systèmes, Saint Gobain, Ubisoft, Bureau Veritas et Air Liquide, dont le pourcentage de femmes dans le comité exécutif est supérieur au pourcentage de femmes dans l’encadrement.
  • Les entreprises féminines : Sodexo, Publicis, Danone, Kering, L’Oréal, Gecina, EssilorLuxottica, Natixis, Pernod-Ricard, Sanofi, Carrefour et Société Générale dont le pourcentage élevé de femmes au comité exécutif est le reflet du pourcentage important de femmes dans l’encadrement et d’une politique affirmée de promotion professionnelle des femmes.
  • Les entreprises masculines : Renault, Peugeot-Citroën, Thalès, Total, EDF, Valéo, Solvay, Arkema, Airbus, Veolia Environnement, Alstom, Faurecia, Axa, Safran, ST Microelectronics, ArcelorMittal, Eiffage, Vinci, Bouygues et Klépierre, dont la faible représentation des femmes au comité exécutif reflète le faible pourcentage de femmes dans le vivier que constitue l’encadrement.

La féminisation contribue à la performance économique

L’étude établit deux indices : le "Gender Equality Index", qui inclut dans son calcul les dix entreprises dont l’encadrement est le plus mixte (entre 45 et 65% de femmes) : Danone, Hermès, LVMH, Vivendi, EssilorLuxoticca, Kering, Société Générale, Gecina, L’Oréal, Téléperformance) ; et le "Male index", qui inclut dans son calcul les dix entreprises dont l’encadrement est le moins mixte (entre 12 à 20% de femmes) : Bouygues, ArcelorMittal, Eiffage, Vinci, Dassault Systèmes, Renault, PSA, Thales, Airbus et STMicroelectronics.

Les performances de ces deux indices sont comparées à celle du CAC 40. Entre 2009 et 20019, la performance boursière du "Gender Equality Index" atteint 293,90%, le CAC 40 43,24% et le "Male index" 107,96%. "Pour un investisseur, la stratégie d’allocation d’actifs peut être socialement responsable en favorisant l’égalité professionnelle et rentable lorsqu’elle est basée sur le critère de la féminisation de l’encadrement", souligne Michel Ferrary. La marge opérationnelle des 60 entreprises de l’échantillon s’est élevée à 17,53% en 2018. Elle a atteint 25,42% pour les 10 entreprises dont l’encadrement est le plus féminisé et à peine 10,50% pour les entreprises dont l’encadrement est le moins féminisé.

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