Une machine d’impression 3D polymère permettant la production de pièces jusqu'à 3 mètres de côté en série. Et une productivité jusqu'à 100 fois plus importante que celle des machines d’impression 3D actuelles, grâce à une technologie brevetée par extrusion de granulés. Telle est la promesse de la start-up française Lines manufacturing avec sa Lines Sonic.
Une chambre de fabrication fermée
Cette machine, qui figure parmi les innovations technologiques valorisées à Global Industrie (organisé du 11 au 14 mars à Lyon), est le fruit d’un travail mené depuis plusieurs années par les trois associés fondateurs de Lines manufacturing, Rauf Garip, Emerik Poursillie et Niels Pernoux, tous trois diplômés en ingénierie mécanique et plasturgique de l’INSA Strasbourg.
«Les procédés d’impression 3D actuels restent lents, et il existe peu de solutions d’impression 3D pour la fabrication de pièces de grande taille. Nous avons voulu apporter une solution capable de fabriquer quelques milliers de pièces par an, de manière plus rapide qu’actuellement» explique Niels Pernoux.
Pour arriver à ce résultat, les trois cofondateurs de Lines manufacturing ont travaillé dans leurs ateliers d’Holtzheim (Bas-Rhin) sur une tête d’impression la plus légère et agile possible. Leur but était qu’elle puisse effectuer à très grande vitesse les activités de dépose et de transformation. «Nous sommes partis de zéro pour concevoir sur mesure une machine qui intègre un maximum d’opérations de préparation, afin de pouvoir réduire et simplifier la tête d’impression» précise Niels Pernoux.
La chambre de fabrication se situe dans une enceinte fermée de 7 mètres sur 9. À l’extérieur, deux écrans permettent de contrôler le processus de fabrication.
Une première machine prête pour la fin de l’année
Après une preuve de concept en 2019-2020, Lines Manufacturing a lèvé 2 millions d’euros en 2023 auprès de Bpifrance, la Caisse d’épargne, la BNP et des entrepreneurs privés pour créer un premier pilote industriel.
Pour l’heure, Lines manufacturing a déjà réalisé une centaine de pièces pour une quinzaine de clients, «dans le ferroviaire, l’automobile ou la construction navale», détaille Niels Pernoux. «Nous produisons des portes, des éléments d’habillage pour différents industriels du secteur des mobilités, comme Plastic Omnium, afin de démontrer la faisabilité du passage à une production en série» ajoute l’ingénieur.
D’ici à fin 2025, la pépite tricolore, qui compte une demi-douzaine d’employés, espère lancer sa première machine commerciale, vendue entre 500 000 et un million d’euros. Avant d’en produire quelques-unes chaque année, notamment pour les pays germanophones, mais aussi les Pays-Bas et l’Italie.



