Un spectaculaire coup de frein. Les données publiées par l’Insee mercredi 10 juin confirment que des secteurs entiers de l’économie française ont été mis à l’arrêt quasi-total durant le confinement, entre le 17 mars et le 11 mai 2020. Cela donne une idée plus précise de la hauteur de la marche qu'il va falloir gravir pour relancer l'activité.
L’institut national de statistique estime la baisse de production dans l’industrie manufacturière à -21,9 % en avril après -18,3 % en mars. La production industrielle en France a chuté de 20,1% en avril sur un mois, après avoir déjà perdu 16,2% en mars. Par rapport à février (dernier mois avant le début du confinement), la production a donc chuté de 36,2 % dans l’industrie manufacturière et de 33,1 % dans l’ensemble de l’industrie. Un graphique vaut mieux que mille discours pour comprendre cette spectaculaire érosion.
Insee Auto et construction à l'arrêt
Mais tous les secteurs ne s’en sortent pas de la même façon. L’automobile paie le plus lourd tribut avec un arrêt quasi-total de la production. La production s’effondre de 88,0 % en avril après -45,1 % en mars. La baisse atteint 93,4% par rapport au niveau de production de février, avant le confinement !

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La production d'autres matériels de transport (trains, avions...) est quant à elle en baisse de 44,7% en avril par rapport à février.
Les activités industrielles liées à la construction ont elles aussi connu un net arrêt, avec -61,1% d’activité en avril, par rapport à février.
Toujours par rapport à février, la production est en baisse très marquée dans les secteurs des "caoutchouc, plastique et minéraux non métalliques" (-54,4 %), "textile, habillement, cuir et chaussure" (-52,1 %, malgré la production de masques) et la "métallurgie et produits métalliques" (-50,8 %).
L'agro et la pharma tirent leur épingle du jeu
D’autres secteurs accusent une baisse moins marquée : les industries extractives, énergie, eau (-11,2 % en avril après -3,8 % en mars, grâce au bon maintien de la production d’électricité, de gaz, de vapeur et les activités liées à l’eau et l’assainissement) et l’agroalimentaire (-6,2 % après -3,8 % en mars), tirée par le boom de la consommation. Dans cette dernière branche, certaines activités comme la "transformation et la conservation de fruits et légumes" sont même en hausse. La production est restée quasi stable dans la pharmacie (-1,8% en avril par rapport à février) et la chimie a bien résisté (-22,3%).
La production s’est redressée sur un mois en avril dans la cokéfaction et raffinage (+9,0 % après −30,5 %) en raison du redémarrage d’une raffinerie qui avait été arrêtée en mars pour des opérations de maintenance.



