"Le flot de demandes de Prêts garantis par l'Etat (PGE) se tarit, même si nous recevons encore des demandes d’entreprises qui avaient attendu la rentrée. Cela étant, très rapidement et d'ici la fin de l'année, les entreprises vont se demander ce qu’elles feront de leur PGE et quelles modalités d’amortissement si elles décident le conserver", explique Chrystelle Lachat, directrice du marché des entreprises à la Banque Palatine.
Cette filiale du groupe BPCE est à un bon poste d’observation de la situation des ETI (Entreprises de taille intermédiaire). Elle s’est spécialisée sur ce type d’entreprises avec un taux de pénétration de 13 %. A la Banque Palatine, comme dans le reste des réseaux bancaires, les PGE ont été massivement souscrits entre avril et juillet. Les PGE permettent aux entreprises d’emprunter jusqu’à 25 % de leur chiffre d’affaires avec un différé de remboursement de 12 mois. Les banques se sont engagées à prêter sur un an à "prix coûtant" (proche de 0 actuellement) et seul est dû le coût de garantie de l’Etat de 0,25% à 0,5 %, selon la taille de l’entreprise.
Un montant moyen de 1 million d'euros pour les ETI
Le 14 septembre, 797 000 entreprises avaient contracté un PGE, pour un montant total de 105,5 milliards d'euros et un montant moyen par entreprise de 180 000 euros selon les chiffres de Bpifrance. Ce bilan concerne les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1,5 milliard d’euros. Les très grandes entreprises sont gérées directement par la direction du Trésor et ne rentrent pas dans ce décompte. A la Banque Palatine, entre 30 et 40 % des ETI ont eu recours à des PGE. Une part un peu plus faible que les données d’enquête du METI, le mouvement des entreprises intermédiaires, qui l’évalue plutôt à 70 %. Selon Chrystelle Lachat, "la réalité est sans doute entre les deux, car certaines ETI ont géré le PGE en consolidé au niveau de la holding pour leurs différentes sociétés et cela fausse les statistiques". Le montant moyen du PGE à la banque Palatine, compte-tenu de la spécificité de son portefeuille, est de 870 000 euros. A mi septembre, son encours sur ce dispositif s'élevait à 1,3 milliard d'euros.

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Que vont devenir ces prêts ?
"Au moment du décaissement du prêt, les entreprises ne se sont pas prononcées sur les modalités de remboursement, elles se sont dit, on verra comment cela se passe à la rentrée, témoigne Chrystelle Lachat. Mais à l’automne, toutes celles qui ont une clôture d'exercice en décembre vont se positionner sur la reconduction ou non et sur une durée de remboursement pour sécuriser 2021 ". Elle peut s’étendre entre un et cinq ans. Reste à connaître le coût de ces prêts. Le 6 septembre, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie a communiqué sur un engagement de la Fédération bancaire française d’un taux de 1 % à 1,5 % pour les remboursements d’ici 2022 ou 2023 et de 2 % à 2,5 % pour les remboursements d’ici 2024 ou 2026, coût de la garantie de l’Etat compris. Cette négociation ne concerne que les TPE et PME. Pour les entreprises au-dessus de 50 millions d'euros de chiffre d’affaires, la négociation se fera directement avec les banques concernées. Le coût de ces prêts n’a pas encore été fixé à la Banque Palatine et la décision sera prise au niveau du groupe BPCE.
En réalité, sur l’étalement des remboursements, l’incertitude règne encore. La question est de savoir si les reports de crédits décidés au début de la crise et les PGE vont suffire. Si la reprise a été forte après le confinement, elle semble marquer le pas. "Les hypothèses sont délicates à définir. Avec une reprise lente mais régulière, le cash injecté grâce aux mesures gouvernementales peut permettre de passer le cap. Mais depuis 15 jours, le climat est un peu plus anxiogène. Les clients peuvent devenir plus attentistes, et cela pourrait ralentir le redémarrage de l'économie." estime Chrystelle Lachat. Des durées d’amortissement longues des PGE s’avéreraient nécessaire, ce qui va dégrader les bilans des entreprises et poser rapidement la question du renforcement de leurs fonds propres.
Mais le tableau n’est pas si sombre. La banque Palatine constate que des ETI, qui ont bien résisté à la crise, relancent désormais des projets d’investissement, mis en sommeil pendant quelques mois.



