Après les chiffres déprimants de la balance commerciale, un signal redonne davantage d’espoir dans les forces du tissu économique français. En 2022, l’attractivité du pays s’est maintenue au beau fixe. Avec 1725 projets recensés, le nombre d’investissements étrangers dans le pays a atteint un niveau inédit, dépassant son record de 2021, avec 1607 projets selon les chiffres de l’agence Business France en charge de l’internationalisation et de l’attractivité.
La France conserve sa place de première destination pour installer des activités industrielles en Europe. En 2022, le nombre de projets d’usines est resté stable, avec 457 projets recensés, par rapport à 2021, qui faisait figure d’année historique. Mais en moyenne, les investissements ont été de plus grande ampleur, même si les montants ne sont pas connus. Pour chaque projet industriel, Business France estime que 38 emplois ont été créés ou maintenus en moyenne, contre 34 l’année précédente. En revanche, l’écrasante majorité des investissements concerne seulement des extensions de sites existants.12 % des projets industriels sont de nouvelles usines, à l’image de l’usine de recyclage que le groupe américan Eastman prévoit d’implanter à Port-Jérôme (Seine-Maritime) ou le site Global Foundries à Crolles (Isère).
Autre bonne nouvelle : les investissements dans la R&D progressent nettement, avec une hausse de 23% sur un an pour atteindre 191 projets en 2022. Sur le plan de l’emploi, l’augmentation est encore plus nette avec une hausse de 53% des emplois créés.
Les Américains premiers investisseurs
Malgré l’Inflation reduction act, les groupes américains sont les premiers séduits par l’attractivité de la France. En 2022, ceux-ci ont repris leur place de premiers investisseurs dans l’Hexagone, devançant l’Allemagne et le Royaume-Uni. Outre-Atlantique, l’image de la France est restée solide, comme le confirme le récent baromètre de l’AmCham, tout en pointant la dégradation des perspectives européennes. Pour Business France, c’est la preuve que le plan France 2030, et ses près de 50 milliards d’euros de soutien à l’industrie, commence à payer. Les stratégies de soutien à la décarbonation de l’industrie et la transition énergétique ont contribué à renforcer l’attractivité. Les investissements étrangers industriels en 2022 ont ainsi été les plus nombreux dans le secteur de l’énergie, en hausse de 87 %, et du recyclage, avec 88 projets, dont la moitié concerne l’éolien, le photovoltaïque ou l’hydrogène. Derrière, l’agroalimentaire et l’électronique ont attiré le plus de projets. Mais ceux dans la santé comme dans l’aéronautique progressent aussi, tandis qu’ils reculent dans l’automobile.
A ceci près que les projets d’investissements de 2022 ont pour beaucoup été décidés avant la flambée des prix de l’énergie en Europe et l’adoption du plan climat américain. Depuis, le doute s’est instillé dans l’esprit des investisseurs, européens comme américains. «Les décisions d’extension ne sont jamais acquises, il existe une concurrence forte entre les différents sites des entreprises et de nombreux pays offrent des subventions attractives pour les projets greenfield», reconnaît Business France. Pour maintenir l’attractivité française, la tâche s’annonce plus rude pour Emmanuel Macron, lors du prochain sommet Choose France prévu le 15 mai.



