Les entreprises du textile s'engagent à expérimenter un affichage environnemental sur les vêtements

Les industriels du secteur du textile étaient réunis le 11 février autour de la secrétaire d’Etat Brune Poirson pour la mise en place d’une notation environnementale pour les produits textiles. Une expérimentation qui doit durer 18 mois, à l'instar des tests déjà menés par Okaidi et Decathlon.

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Affichage environnementale produits décathlon
La marque de sportwear Décathlon a mis en place la notation environnementale dès septembre 2018 sur son site internet.

"Les secteurs de la mode et du textile sont les plus polluants, juste derrière les hydrocarbures et devant celui des transports". C'est par ces mots que la secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire Brune Poirson a ouvert le 11 février une réunion de travail avec les industriels du secteur consacrée à l'élaboration d’un affichage environnemental sur les produits textiles. "Dans le cadre de la loi anti-gaspillage, promulgué aujourd’hui, s’est-elle réjouie, nous allons expérimenter l’affichage environnemental et social sur les produits textiles."

Car les chiffres sont alarmants. "On achète 60% de vêtements de plus qu’il y a quinze ans, que l’on utilise en moyenne deux fois moins longtemps, a déploré Brune Poirson. En France, ce sont plus de 600 000 tonnes de produits textiles achetées chaque année dont seul 1% sont recyclés.""Nous mettons en place cette initiative car c’est une demande de plus en plus forte de la part des citoyens", a ponctué l’ancienne députée du Vaucluse.

Des notes de A à E

L’idée est de mettre une note environnementale sur les étiquettes des produits textiles, de A à E, "de la même manière que pour les machines à laver ". Un système de notation qui vise à encourager l’écoconception, l’économie circulaire, à valoriser les produits naturels et ainsi "opérer une transition avec un système de notation unanimement partagé", a détaillé Brune Poirson.

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A cet égard, un cadre réglementaire - appelé méthodologie - supervisé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) comprenant neuf critères (émission de gaz à effet serre, toxicité aquatique, consommation d'eau, épuisement de ressources minérales, impact sur les ressources énergétiques, acidité dans l’eau, pollution photochimique, eutrophisation et impact sur la biodiversité) doit être mis en place dans les 18 prochains mois. Après cette phase d'élaboration de la méthodologie issue de l'expérimentation, les pouvoirs publics souhaitent valider par décret les orientations techniques du modèle d'affichage français fin 2021. 

L’Ademe travaille depuis plusieurs années sur cet outil qui doit englober tout le cycle de vie du produit, des matières premières à la fin de vie. Un logo représentant une planète bleue, facilement reconnaissable, permettra un "affichage clair et intuitif pour le consommateur", a expliqué Raphaël Guastavi, chef de service adjoint au service de la Direction économie circulaire et déchets de l’Ademe.

Des entreprises pilotes 

Okaidi, chaîne de magasins de vêtements pour enfants et Décathlon, la marque dédiée aux sportifs, ont été les premiers à mettre en place un étiquetage environnemental sur certains de leurs produits. Okaidi s’était lancée en novembre 2018 et Décathlon à l’été 2019. Plus de 1 500 articles ont ainsi été répertoriés et étiquetés de A à E en fonction de différents critères environnementaux. "Les résultats ont été concluants. Il s’agit désormais de changer d’échelle", a déclaré Raphaël Guastavi de l’Ademe.

Prendre de l’avance et devenir leader sur la scène européenne

La secrétaire d’Etat a rappelé les engagements pris par les grands industriels de la mode et du luxe à travers le Fashion Pact présenté au G7 durant l'été 2019. "Le Fashion Pact a été signé pour remédier à une dynamique trop faible au niveau étatique, a détaillé Brune Poirson. Trois piliers ont été retenus, la lutte contre les émissions de CO2, la préservation des milieux naturels et la lutte contre la pollution des océans par les rejets de particules plastiques."

"Ceux qui s’engagent aujourd’hui auront une longueur d’avance quand l’étiquetage sera obligatoire au niveau européen à travers le Green Deal", a-t-elle poursuivi, faisant référence au texte de la commission européenne faisant de la lutte contre le changement climatique et les émissions de carbone une priorité de la politique communautaire.

D'ici 2023, les promoteurs de ce système d'affichage environnementale souhaitent opérer un rapprochement des travaux français et européens pour basculer vers un socle technique européen unique.  

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