La polémique sur le salaire de Carlos Tavares ne désenfle pas. Mercredi 13 avril, lors de l’assemblée générale de Stellantis, les actionnaires ont majoritairement voté contre la rémunération des dirigeants de l’entreprise. L’enveloppe accordée au directeur général du groupe, 66 millions d’euros en liquide et en actions en 2021 selon la société Phitrust (dont une partie soumise à des critères de performance), avait suscité de vives réactions chez les syndicats. Des critiques visiblement partagées chez les investisseurs.
Le vote fut relativement serré. Sur plus de 3 millions de droits de vote, 52,12% se sont exprimés contre la rémunération tandis que 47,88% ont voté pour. Bpifrance, le troisième actionnaire de Stellantis avec un peu plus de 6% du capital, a voté contre sur la rémunération, comme en 2021.
Juste après l’annonce de ce résultat, le président du groupe John Elkann n’a pas manqué de rappeler qu’il s’agissait d’un vote consultatif. Dans un communiqué, l’entreprise ajoute qu’elle « prend note » de ce retour et qu’elle « expliquera dans le rapport sur la rémunération 2022 comment ce vote a été pris en compte ».
Ce n’est pas la première fois que le cas de figure se présente dans le secteur automobile, même s'il est rare que les actionnaires prennent ce type de position. En 2016, les actionnaires de Renault avait rejeté la rémunération de Carlos Ghosn. Ce qui n’avait pas empêché le conseil d’administration de valider la « compensation »

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Une performance au prix d’une gestion frugale
Avant l’annonce des résultats, l’avocat général de Stellantis s’est efforcé de justifier cette rémunération généreuse. Giorgio Fossati a ainsi évoqué la réalisation de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) et les résultats exceptionnels du groupe en 2021. «La rémunération du directeur général est largement déterminée par les performances de l'entreprise», a-t-il insisté.
La défiance des actionnaires peut surprendre alors qu’ils avaient salué le plan stratégique du constructeur pour 2030. Mais les syndicats avaient réagi de façon beaucoup plus amère aux marges colossales visées par le groupe. Bon nombre d’entre eux rapportent un climat social tendu dans les usines de Stellantis, entre les arrêts de production, les plans d’économies et les vagues de suppressions de postes. En mars 2022, fait rare, l’ensemble des organisations syndicales avaient refusé de signer l’accord salarial proposé par la direction. Fervent défenseur du principe de « frugalité » dans l’entreprise, Carlos Tavares semble rappelé à ses principes par les actionnaires.



