Les actionnaires de Stellantis infligent un vote sanction symbolique à Carlos Tavares

Carlos Tavares vient de subir l’un de ses premiers revers à la tête de Stellantis. À une courte majorité, les actionnaires ont voté contre la rémunération des dirigeants du groupe.

Réservé aux abonnés
Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, au Software Day du groupe, décembre 2021
La rémunération de Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, a suscité une polémique jusque dans le monde politique.

La polémique sur le salaire de Carlos Tavares ne désenfle pas. Mercredi 13 avril, lors de l’assemblée générale de Stellantis, les actionnaires ont majoritairement voté contre la rémunération des dirigeants de l’entreprise. L’enveloppe accordée au directeur général du groupe, 66 millions d’euros en liquide et en actions en 2021 selon la société Phitrust (dont une partie soumise à des critères de performance), avait suscité de vives réactions chez les syndicats. Des critiques visiblement partagées chez les investisseurs.

Le vote fut relativement serré. Sur plus de 3 millions de droits de vote, 52,12% se sont exprimés contre la rémunération tandis que 47,88% ont voté pour. Bpifrance, le troisième actionnaire de Stellantis avec un peu plus de 6% du capital, a voté contre sur la rémunération, comme en 2021.

Juste après l’annonce de ce résultat, le président du groupe John Elkann n’a pas manqué de rappeler qu’il s’agissait d’un vote consultatif. Dans un communiqué, l’entreprise ajoute qu’elle « prend note » de ce retour et qu’elle « expliquera dans le rapport sur la rémunération 2022 comment ce vote a été pris en compte ».

Ce n’est pas la première fois que le cas de figure se présente dans le secteur automobile, même s'il est rare que les actionnaires prennent ce type de position. En 2016, les actionnaires de Renault avait rejeté la rémunération de Carlos Ghosn. Ce qui n’avait pas empêché le conseil d’administration de valider la « compensation »

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Une performance au prix d’une gestion frugale

Avant l’annonce des résultats, l’avocat général de Stellantis s’est efforcé de justifier cette rémunération généreuse. Giorgio Fossati a ainsi évoqué la réalisation de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) et les résultats exceptionnels du groupe en 2021. «La rémunération du directeur général est largement déterminée par les performances de l'entreprise», a-t-il insisté.

La défiance des actionnaires peut surprendre alors qu’ils avaient salué le plan stratégique du constructeur pour 2030. Mais les syndicats avaient réagi de façon beaucoup plus amère aux marges colossales visées par le groupe. Bon nombre d’entre eux rapportent un climat social tendu dans les usines de Stellantis, entre les arrêts de production, les plans d’économies et les vagues de suppressions de postes. En mars 2022, fait rare, l’ensemble des organisations syndicales avaient refusé de signer l’accord salarial proposé par la direction. Fervent défenseur du principe de « frugalité » dans l’entreprise, Carlos Tavares semble rappelé à ses principes par les actionnaires.

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs